La décision d’augmenter les frais d’inscription pour les formations dans les universités françaises pour les étrangers n’est pas sans conséquence sur les inscriptions des étudiants algériens au Campus France en 2019.
Elle a induit un recul important des pré-inscriptions estimées à 23%, selon les premiers chiffres communiqués en ce début d’année.
On observe une tendance généralisée touchant en fait plusieurs pays dont on peut citer entre autres le Vietnam (-19,72%), la Tunisie (-16,18%), le Maroc (-15,5%), la Côte d’Ivoire (-10,39%) et la Turquie (-6,62%). Selon les chiffres de Campus France, le nombre de pré-inscriptions en licence introduites par les étudiants hors-UE auprès des universités françaises a reculé avec 28.294 dossiers déposés, soit 10% de moins qu’à la même période de l’an dernier. Le gouvernement français a décidé d’augmenter les droits d’inscription qui passent de 170 à 2770 euros en licence, et de 243 à 3770 euros en master (le même montant en doctorat) pour la rentrée 2019. Ces hausses importantes s’ajouteront aux dépenses déjà conséquentes que doivent consentir les étudiants, Algériens compris, pour poursuivre un cursus en France.
La décision d’augmenter les frais des inscriptions, prise par le gouvernement français, n’obéit-elle pas à une logique de retreindre la circulation des personnes en provenance de pays tiers ? Dans le discours institutionnel, la France a assuré vouloir attirer davantage d’étudiants internationaux en améliorant la politique des visas et en offrant davantage de bourses, notamment à ceux venus du Maghreb et de l’Afrique francophone. Seulement, la mesure a produit le contraire des effets escomptés. Car, les chiffres de Campus France indiquent un net fléchissement des pré-inscriptions, une tendance qui risque de se poursuivre au cours de cette année pour atteindre un niveau beaucoup plus important. Cependant, quelques indications positives enregistrées dans une poignée de pays pourraient consoler l’institution hexagonale.
En effet, Campus France constate une progression des demandes de pré-inscription émanant de certains pays comme le Sénégal (+11,34%), le Mali (+5,66%), le Bénin (+8,21%), la Russie (+8,95%) et la Chine (+8,62%). La décision n’est toutefois pas du goût d’une partie des universités.
Plusieurs d’entre elles ont annoncé récemment leur refus d’appliquer la hausse controversée des frais d’inscription pour les étudiants hors-UE.
Elles ont exprimé leur intention d’exonérer à la rentrée universitaire 2019/2020 l’ensemble des étudiants étrangers de ces frais complémentaires et de leur appliquer uniquement les droits en vigueur pour l’ensemble des étudiants français.
Cette annonce d’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants extra-européens, qui ne cesse de susciter une vive polémique au sein du monde universitaire de l’Hexagone, ne sera pas appliquée dans les universités de Clermont Auvergne, Aix-Marseille et Lyon 2. La décision du gouvernement français d’augmenter les frais de scolarité dans les universités françaises pour les étudiants étrangers non-européens va en réalité alourdir davantage la facture pour les étudiants algériens qui veulent poursuivre leurs études en France. La France continue d’attirer des étudiants étrangers : 343 400 ont choisi d’y venir en 2017-2018, un chiffre en hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.<