Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire par intérim, le général-major Saïd Chanegriha, a installé jeudi le général-major Mohammed Bouzit dans les fonctions de Directeur général de la Documentation et de la Sécurité extérieure DDSE en remplacement du Colonel Remili Kamel-Eddine, a indiqué le ministère de la Défense nationale. Cette nomination à un poste sensible du renseignement suit une série de changements à la tête de structures sensibles de l’Armée.


«Monsieur le général-major a tenu à demander aux cadres de cette Direction, toutes catégories confondues, de soutenir et d’assister leur nouveau Chef, à travers leur engagement, à tous les niveaux et dans la limite de leurs prérogatives, en s’acquittant des missions qui leur sont dévolues, avec la rigueur et l’assiduité requises, de manière à assurer la protection des intérêts suprêmes de l’Algérie», a noté le communiqué du ministère de la Défense peu habitué à communiquer lorsqu’il s’agit de changement à la tête des structures sensibles de la sécurité de l’armée. C’est également un communiqué du ministère de la Défense nationale qui a fini par confirmer il y a une semaine que le général Ouassini Bouazza, le désormais ex-chef de la DGSI, Direction générale de la sécurité intérieure, a été relevé de ses fonctions. Le général-major Saïd Chengriha avait procédé à l’installation du général Abdelghani Rachedi dans ses nouvelles fonctions de nouveau patron de la DGSI. «Je vous ordonne d’exercer sous son autorité et d’exécuter ses ordres et ses instructions dans l’intérêt du service, conformément au règlement militaire et aux lois de la République en vigueur, et par fidélité aux sacrifices de nos vaillants chouhadas et aux valeurs de notre glorieuse Révolution», avait ordonné le chef d’état-major Chengriha aux éléments de ce corps durant la cérémonie de nomination. Pour les observateurs, la nomination du général Rachedi n’était en réalité qu’une confirmation de l’homme dans le poste qu’il occupe, dans les faits, depuis au moins une semaine. Un communiqué de la présidence de la République avait en effet annoncé la nomination de Abdelghani Rachedi comme «directeur général adjoint» de la DGSI, mais avec «de larges prérogatives».
La volonté du président de la République et du chef d’état-major de remettre de l’ordre dans des structures sensibles de l’armée semble désormais manifeste. Selon des médias, le désormais ex-patron de la DGSI le général Wassini Bouazza aurait été mis aux arrêts quelques heures après son limogeage. Depuis quelque temps, une enquête a été ouverte au niveau de la Direction centrale de la sécurité de l’armée DCSA sur de nombreux dossiers liés à la gestion du général Bouazza. Les changements opérés depuis quatre mois, notamment à la tête des structures les plus sensibles de l’armée, démontrent à l’évidence une volonté de remettre de l’ordre dans les structures de l’armée après une année 2019 marquée par une certaine instabilité politique. D’abord, la récente nomination d’un nouveau patron à la tête de la DCSA le général Sid-Ali Zemirli, suivie de la désignation du général Kaidi à la tête du département emploi et préparation, qui dépendent de l’état-major de l’ANP, pour arriver au limogeage de Bouazza, remplacé par le général Rachedi. La nomination du général-major Mohammed Bouzit à la tête de la DDSE confirme cette tendance. Ce dernier opère en fait un retour à la tête de cette structure importante qu’il avait dirigée auparavant. n