Revigoré par ses résultats lors des dernières législatives, le Front de libération nationale (FLN) vit un regain de santé qui tranche visiblement avec les turbulences internes vécues durant l’été, avec la crise inédite au sein de l’Assemblée populaire nationale (APN) qui s’est soldée par l’éviction de son président, Saïd Bouhadja, et, ensuite, par la répudiation du désormais ancien secrétaire général du parti, Djamel Ould Abbès.

Considérées comme véritable test quant aux questions d’ordre organique du parti, les sénatoriales confortent incontestablement un Front que l’on croyait traversé par des tiraillements internes, qui profiteraient à ses concurrents. Cette performance ne renforce pas seulement la nouvelle direction intérimaire, installée au lendemain du limogeage d’Ould Abbès, mais elle remet aussi le parti dans le rôle de locomotive qui pèsera sans le moindre doute sur les échéances politiques à venir, principalement l’élection présidentielle d’avril prochain.
Il est certain que l’ancien parti unique est loin de s’extirper de son malaise organique, une étape qui ne peut intervenir qu’avec l’organisation de son congrès extraordinaire pour se doter d’une direction et d’instances pérennes et surtout légitimes, approuvées par les congressistes.
Mais d’ores et déjà, le rendez-vous des sénatoriales vient de lui conférer manifestement un regain de vitalité non négligeable à l’heure où l’ensemble des partis politiques se cherchent une place de choix dans une période préélectorale dominée par l’incertitude.
Un FLN qui retrouve des ailes n’est pas de nature à passer inaperçu. Il est ainsi loisible de constater que des partis politiques ont cru pouvoir remettre en cause, à travers leur activisme, le rôle de leadership du FLN sur la scène politique nationale.
C’est dans cette conjoncture d’ailleurs que le parti d’Amar Ghoul, le TAJ, a cru pouvoir jouer un rôle central à l’orée de l’élection présidentielle en lançant une initiative politique qu’il ne tardera pas étrangement à abandonner sitôt l’avoir mise sur la place publique. Et la mise au placard de l’initiative de Ghoul signe sans doute un retour à la hiérarchie établie qui verra selon toute vraisemblance le FLN tenir le rôle de locomotive qui a été toujours le sien, notamment en pareille conjoncture préélectorale.
La fin de l’initiative Ghoul remet au-devant de la scène l’Alliance de la majorité présidentielle, dans laquelle le FLN fait naturellement office de première force politique particulièrement par le nombre d’élus qu’il compte au sein du Parlement et des assemblées locales.
Notons que le lancement de l’initiative d’Amar Ghoul n’avait pas manqué de générer des non-dits au sein de l’alliance FLN-RND-TAJ-MPA, au point où le quatuor tenait des réunions juste pour se réunir sans le moindre ordre du jour.
Maintenant que l’offre politique énigmatique de Ghoul n’est plus d’actualité, l’Alliance de la majorité peut désormais s’accorder une meilleure visibilité qui donnerait du sens à sa coordination. Les partis la composant ont convenu, pour rappel, lors d’une rencontre qui les a regroupés à la mi-novembre, «d’un programme d’action progressif aux activités multiples à mener tout au long des mois à venir dans le cadre d’un travail collectif fédérant toutes les forces».
Les participants à cette rencontre ont mis en avant «l’engagement des partis de l’Alliance présidentielle à œuvrer ensemble pour le soutien du président de la République, en vue de la poursuite de l’œuvre de réformes et de développement».
Ils ont souligné, à cette occasion, que l’Alliance constitue «un jalon fondamental pour la mise en place d’une plateforme solide servant de base politique élargie, visant à consolider les orientations communes, promouvoir la performance collective et créer une relation d’interaction et une complémentarité au service des objectifs de l’Alliance».
Cette alliance qui semblait être sclérosée par l’intrusion de Ghoul peut désormais se montrer plus présente et plus active sur la scène politique nationale avec, comme pilier de la coalition, le parti du FLN.