Le chef du MSP Abderrazak Makri se lave les mains suite à l’échec de son initiative portant sur le report de l’élection présidentielle 2019. Il endosse ainsi aux autres partis la responsabilité de l’échec de son offre politique.

Il reproche ainsi aux formations politiques de l’opposition de ne pas avoir adhéré à son initiative, qui mènera, dira-t-il, vers un cinquième mandat du président Bouteflika. Dans un entretien au quotidien Liberté, M. Makri a tenté d’expliquer les raisons qui ont mené son initiative vers l’échec. «J’en avais, au départ, parlé avec les représentants les plus importants de l’opposition. Ils avaient affiché alors une certaine disposition à accepter d’aller au dialogue mais ils avaient dit qu’ils n’avaient pas confiance. Ils voulaient que la Présidence le déclare officiellement», a-t-il indiqué. Et de poursuivre, qu’il y a eu ensuite cette histoire de conférence nationale d’Amar Ghoul, qui « a court-circuité notre initiative et qui a alimenté davantage la peur de l’opposition, laquelle est revenue en arrière. Et la Présidence n’a rien fait pour convaincre l’opposition. C’est pour cela qu’il y avait blocage ». A qui incombe donc la faute de cet échec ? Makri estime que «c’est la faute à tout le monde, mais surtout au pouvoir en place parce qu’il n’a pas fait d’effort pour convaincre l’opposition ». Il a expliqué que l’objectif du report est d’éviter au pays le 5e mandat ou une élection présidentielle truquée, ajoutant que l’objectif consistait aussi à éviter au pays un dérapage dans les toutes prochaines années. Dans un message qu’il adresse aux partis de l’opposition qui l’ont contrarié par leur non-adhésion à l’initiative, Makri leur rétorque : «Maintenant qu’on refuse le report, on va encore subir cinq autres années avec Bouteflika.» Il relèvera dans ce sens que la perspective d’un cinquième mandat du président Bouteflika peut être expliquée à travers le dernier communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN) dans lequel sont rappelés à l’ordre les anciens officiers à la retraite qui s’expriment dans les médias. «La réponse de Gaïd Salah au général-major à la retraite, Ali Ghediri, est l’un des éléments plaidant pour l’option du 5e mandat. Et selon les données que nous avons, le débat sur le 5e mandat est revenu en force. C’est parce que le projet du report n’a pas abouti, car il a été refusé par l’opposition. Et voilà que nous devons subir pire que le report, c’est-à-dire le 5e mandat», a estimé le chef du MSP. Interrogé sur la question de savoir si l’Armée serait favorable à un 5e mandat de Bouteflika, le président du MSP est affirmatif. « Oui, l’Armée est favorable au 5e mandat. L’Armée est impliquée dans la politique depuis 1962. Et si Bouteflika décide de se représenter, l’Armée sera avec lui. Et ceux qui ont rejeté le report méritent de subir le 5e mandat s’il se concrétise », a-t-il répondu. Il reproche ainsi à la classe politique, notamment l’opposition, de ne pas avoir suffisamment exploré la piste du report de la présidentielle. Pour lui, «les acteurs de l’opposition n’ont pas voulu prendre le risque d’explorer l’option du report comme nous le leur avons suggéré. Mais je les comprends très bien car il y a une grave crise de confiance parmi la classe politique et dans le pays en général ». Makri a ajouté que le MSP a pris le risque d’explorer cette piste sans aucun intérêt partisan et/ou personnel, soutenant que son seul objectif «est d’aider le système à partir et permettre, du coup, une issue salutaire au pays ». L’initiative du report de la présidentielle émane-t-elle du MSP ? Makri est catégorique. « Oui ! C’est notre propre idée. Je le dis en toute sincérité et en toute responsabilité. Le terme report est exclusivement l’initiative du MSP», a-t-il riposté pour étouffer tout soupçon quant à la paternité de l’offre politique. S’agissant de la position du MSP à la présidentielle prochaine en cas d’un 5e mandat de Bouteflika, Makri a répondu que « la tendance générale au sein du parti plaide, actuellement, pour le boycott de l’élection présidentielle mais la décision définitive sera prise par Majliss echoura ».n