Le Front des forces socialistes (FFS), relance son projet politique relatif à l’assemblée constituante. Mise au placard depuis 2012, l’élection d’une Assemblée constituante réapparaît à nouveau, dans le discours du plus vieux parti de l’opposition, à l’occasion des travaux d’ouverture de son université d’été. Dans son discours, prononcé hier à Souk El Tenine à Béjaïa, à l’ouverture des travaux de l’université d’été de son parti

, le premier secrétaire du FFS, Mohamed Hadj Djilani, dira que le FFS militera pacifiquement pour une assemblée constituante souveraine par opposition à ce qu’il appelle l’immobilisme institutionnel et pour mettre fin à la persistance de la crise de légitimité. Pour donner du crédit à son idée et convaincre l’assistance composée essentiellement de jeunes, l’orateur rappelle un message du défunt Hocine Ait Ahmed, envoyé en 1996 aux jeunes à l’occasion de la fête de l’indépendance. Dans ce message, le chef historique appelle la jeunesse à militer en faveur d’une assemblée constituante. Le retour aux programmes d’autrefois, signifie-t-il l’abandon du projet du consensus national qui a constitué le cheval de bataille du FFS au cours des 5 dernières années ? Hadj Djilani répond par non. Dans son allocution, il a réaffirmé son attachement à la construction d’un consensus national avec l’ensemble des acteurs de la société algérienne. «Le FFS milite pacifiquement et sans relâche pour la construction d’un Etat démocratique et social, en opposition à l’Etat libéral qui constitue une trahison à la proclamation de Novembre et à la plate-forme de la Soummam, pour la reconstruction d’un consensus national et populaire avec le peuple algérien en faveur d’une deuxième république», dira-t-il. S’adressant aux jeunes le premier secrétaire du FFS dira que l’espoir est permis. «Il y a bel et bien des raisons d’espérer, dans chaque jeune algérien, dans chaque jeune algérienne, l’espoir doit être semé. Il apparaît de plus en plus que c’est à la jeunesse qu’échoira le rôle d’arbitrer l’avenir. Autre raison d’espérer, les mouvements, associatif et syndical, se sont développés en dépit des restrictions réelles, directes ou indirectes, à leur activité. Ils gagnent en représentativité et en audience. Quelques-uns d’entre eux ont atteint une dimension nationale. Ils exercent une pression réelle sur les pouvoirs publics», affirme-t-il. Il ajoute que, face à l’immobilisme du régime, le FFS centre son projet de reconstruction d’un consensus national sur la mobilisation citoyenne, les jeunes en premier lieu car majoritaires dans la société et moteur historique de toute révolution. «C’est par la mobilisation des jeunes qu’un rapport de forces pourra s’établir et contraindre le régime à un dialogue politique pour changer le système actuel», indique-t-il. L’enjeu est donc pour le FFS d’élever la conscience politique et sociale des jeunes par des rencontres politiques au niveau des quartiers, des villages, et des universités. C’est cette conscientisation de masse qui permettra d’imposer au pouvoir la reconstruction d’un consensus national qui mettra fin à un régime de non droit, anti-démocratique et antisocial et assurera l’avènement d’une deuxième république. Abordant l’actualité nationale, le représentant du Front des forces socialistes exprime son soutien aux revendications sociales «légitimes» des populations à Bechar, Ouargla, Djanet et dans plusieurs autres wilayas du pays. Elles sont, selon lui, l’expression de l’échec du système de gouvernance, de la distribution inéquitable des ressources et du non-respect des droits individuels et collectifs. Pour Mohamed Hadj Djilani, cette situation sociale «intenable» est la conséquence de la gestion unilatérale, «non concertée», «non consensuelle» de la part du pouvoir qui «aggrave l’injustice, les inégalités, l’exclusion, la dégradation du système éducatif, des universités, de l’environnement et du système de santé», ce qui a engendré un désastre avec le retour d’épidémies telles que le choléra et des maladies infectieuses qu’on croyait disparues à jamais. <