Invité hier du forum de la radio Chaîne I, le conseiller du président de la République chargé du mouvement associatif et de la communauté nationale à l’étranger, Nazih Berramdane, est longuement revenu sur les changements «positifs» qu’apporte l’adoption de la nouvelle Constitution au travail du secteur associatif. Des structures de la société civile appelées à devenir de véritables «partenaires et alliés» des institutions de l’Etat. Nazih Berramdane, qui clôture «deux mois de réunion» avec les acteurs associatifs au niveau de 44 wilayas, a en ce sens parlé d’un texte «historique» par la place, la protection juridique et les facilités qu’accordent ses articles à la société civile.
En effet, le responsable explique que cette nouvelle Constitution est un moyen de «paver le chemin vers l’émergence d’une société civile consciente et responsable. Capable d’être un allié au travail de l’Etat, et de ses institutions, ainsi qu’à la démocratie participative». Nazih Berramdane a en substance expliqué que le projet met en œuvre les aspirations du mouvement populaire pour «la lutte contre la corruption» et «la construction d’un Etat de droit». Le texte de la Constitution soumis au référendum du 1er novembre prochain offre ainsi un nouveau cadre de travail, qualifié d’«historique» pour les associations. «L’article 10 constitutionnalise le rôle de la société civile. Les articles 16 et 35 sont également historiques, ils permettent la création d’association par la simple déclaration (…) Par ailleurs, la dissolution des associations ne sera plus possible par la simple volonté d’un responsable local, ce ne sera possible qu’avec une décision de justice», a-t-il indiqué.
En ce sens, l’un des principaux points développés, hier, par le conseiller du président de la République Nazih Berramdane a été le projet de création d’un «observatoire national de la société civile». Une structure pensée comme un «outil organisationnel, administratif et légal (…) grâce auquel et à d’autres mécanismes, la société civile sera un partenaire véritable. Et le Président a même parlé d’un allié, lors de sa rencontre avec les walis». L’une des missions de «l’observatoire» étant ainsi de se constituer en interlocuteur de l’Etat ; le responsable expliquant en substance que le grand nombre d’associations recensées ne permettait pas «de parler à chaque association de manière individuelle».
Projet dont la mise en œuvre devra également passer par une «révision de la loi sur les associations» à l’issue du référendum. L’objectif est à terme «de faire de la société civile un partenaire» dans la gestion de l’Etat, mais aussi dans le «contrôle» du travail des responsables et dans le choix «avec l’Etat des priorités du moment». En ce sens, la nouvelle organisation du secteur associatif vise, également, selon Nazih Berramdane, à tourner la page des anciennes pratiques. «Par le passé, beaucoup d’associations avaient des relations avec des partis, des personnalités, des courants politiques, cela ne sert pas la société civile et ses aspirations (…) L’objectif est de passer d’associations qui demandent des aides à des associations qui contribuent à la production.»
Pour toutes ces raisons, le responsable a appelé les Algériens à voter «oui». Nazih Berramdane a par ailleurs essayé hier de répondre aux principales «critiques» et «inquiétudes» exprimées par les différentes chapelles politiques : «L’islam reste la religion de l’Etat (…) L’amazigh est un acquis constitutionalisé et soustrait à toute exploitation politique (…) la mission de l’armée est de conserver la paix et la sécurité». L’invité de la Chaîne I ajoute à ce propos que «des campagnes de désinformation» ont été conduites pour discréter le projet de révision constitutionnelle. «… Les Algériens doivent regarder par eux-mêmes le projet, le lire, article par article.»
Quant à la place accordée aux communautés algériennes à l’étranger, Nazih Berramdane reconnait qu’elles ont «par le passé» été marginalisées : «La communauté a souffert de la mauvaise gestion, de promesses non tenues, de difficultés notamment en ce qui concerne l’obtention de documents administratifs». Il a par ailleurs expliqué qu’il travaillera «à lui redonner son entière place, notamment dans les domaines économiques, ou en termes de droit d’accès aux banques ou au logement. Elle prendra également part «à l’observatoire national de la société civile (…) et sera présente dans toutes les réunions (…) Il n’y a pas de différence entre un Algérien qui vit au pays et un Algérien installé à l’étranger».
A ce titre, Nazih Berramdane, qui a annoncé hier qu’il entamerait une série de rencontres avec les Algériens établis à l’étranger «dès que la situation sanitaire le permettra», a également fait savoir que l’Etat continuera à suivre la situation des voyageurs bloqués. «C’est une question que nous suivons quotidiennement (…) L’Algérie a été l’un des premiers pays à rapatrier ses ressortissants, plus de 33 000 ont été transportés avec tout ce qu’impliquent ses opérations. Mais, bien sûr, ce n’est pas suffisant, chaque jour de nouvelles situations apparaissent», a-t-il précisé. n