PAR MILINA KOUACI
Le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur de l’éducation (Cnapeste) décidera, lors d’un conseil extraordinaire, quelle suite donner à son mouvement de grève cyclique entamé cette semaine. En effet, une réunion d’évaluation de la grève de deux jours devrait se tenir vendredi et samedi prochains.
Hier, les enseignants des trois cycles affiliés audit syndicat ont poursuivi leur mouvement de grève. Selon le Cnapeste, un nombre important d’enseignants a rejoint ce mouvement afin de revendiquer la concrétisation des revendications socioprofessionnelles bien que d’autres sources évoquent «un faible taux de suivi».
Les sections locales du syndicat ont tenu mardi des assemblées générales afin d’évaluer le contenu du P-V de réunion qui a eu lieu le 24 octobre dernier avec la tutelle, et ce, au lendemain du dépôt du préavis de grève. Ces AG devraient être sanctionnées par des procès-verbaux afin de mentionner les conclusions de leurs évaluations et les décisions autour du maintien ou non de la grève cyclique en cours. Hier, le conseil de wilaya s’est réuni pour faire la synthèse des décisions des sections locales et dégager la proposition de la wilaya sur la question.
Pour rappel, le Cnapeste exige une revalorisation des salaires et du point indiciaire pour une meilleure situation sociale. Ce syndicat demande également d’accorder une priorité au dossier du logement enseignant et de mettre en place une formule pour l’enseignant qu’il estime «privé» de son droit à un logement, ainsi que l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour mettre fin à la pression exercée sur le personnel enseignant, qui dispense, au quotidien, un volume horaire important.
Pendant ce temps, les réunions consacrées à la révision du statut particulier se poursuivent au ministère de l’Education nationale. Le ministre de tutelle Abdelhakim Belabed a, une nouvelle fois, promis des solutions aux revendications soulevées : «Tous les dossiers et propositions soulevés du secteur seront traités et pris en considération.»
«Avec l’accompagnement des syndicats, nous allons concrétiser les instructions de Abdelmadjid Teboune concernant l’élaboration d’un nouveau statut particulier censé garantir une meilleure situation sociale au personnel de l’éducation et, en parallèle, une stabilité au secteur. Ce qui permettra aux élèves de poursuivre leur cursus scolaire dans des conditions sereines», ajoute M. Belabed
Il s’est engagé à prendre en charge les revendications des syndicats du secteur depuis l’installation de la commission technique chargée du statut particulier des syndicats de l’éducation. «Nous allons essayer de prendre en charge les revendications du partenaire social», a insisté le ministre.
La CSA partagée
La Confédération des syndicats algériens (CSA) s’est réunie quant à elle mardi à Alger afin de décider des actions à entreprendre. «Or, la réunion n’a pas été concluante», regrette un syndicaliste qui a souhaité garder l’anonymat. «Les syndicats de la Fonction publique constituant la CSA ne se sont pas entendus sur les actions communes à entreprendre pour la concrétisation de leurs revendications», indique le syndicaliste. «Des syndicats ont proposé une grève cyclique de trois jours, tandis que d’autres préfèrent adopter une position conciliante et temporiser», ajoute la même source.
Cela se traduit par les dernières mesures prises par le président de la République concernant la révision de la valeur du point indiciaire et la baisse de l’IRG.
En ce qui concerne les syndicats de l’Education nationale, ils exigent «en urgence», d’améliorer le pouvoir d’achat et de revoir dans l’immédiat à la hausse les indemnités et primes que reçoivent tous le travailleurs de l’éducation, du fait que la situation sociale du secteur ne tolère aucune tergiversation. Ils revendiquent une augmentation conséquente du point indiciaire, ainsi que la baisse de l’IRG. Ils demandent également la publication des textes d’applications du décret présidentiel 266-14 avec effet rétroactif depuis sa délivrance en 2014, ainsi que l’augmentation du budget de fonctionnement des écoles pour une meilleure gestion. Ils défendent le droit des travailleurs à une retraite proportionnelle et sans condition d’âge, ainsi que la dispensation des enseignants des primaires des tâches extra-pédagogiques. n