Finis les mois de jeûne, où les gens étaient réduits à rester chez eux en raison du confinement imposé par la pandémie de la Covid-19, privés des longues soirées ramadanesques.

Par Bouzid Chalabi
On s’en rappelle, les plus téméraires ont tenté vaille que vaille de faire fi des mesures de restrictions sanitaires, comme de prendre un café sous le rideau clandestinement. Des quartiers déserts en ce mois de l’année, alors qu’auparavant, connus pour leurs nombreuses spécificités et plus particulièrement leurs soirées très animées où tout un chacun goûtait à sa façon les instants de l’après-ftour.
Toujours dans ce même sillage, il faut dire que l’an dernier, c’est-à-dire Ramadhan de 2021, les citoyens ont plus ou moins appris à vivre avec les exigences du confinement et d’autres restrictions relevant du protocole de protection contre la Covid19. Certes la planche horaire de la durée du confinement a été réduite pendant le mois de jeûne mais ce n’était toujours pas suffisant pour des milliers de gens habitués à veiller à l’extérieur jusqu’au premier appel du Mouezzin. D’autres, plus têtus, formant des groupes dehors, se faisaient rappeler à l’ordre par les sirènes des voitures de police les intimant à rentrer chez eux. Les plus coriaces à ne pas se soumettre à cette exigence se voyaient infliger des amendes pour ne pas avoir respecté les horaires instaurés du confinement.
Sur ce dernier point, il faut dire qu’à l’époque, nombreux se sentaient obligés de savoir l’heure exacte de façon à ne pas être surpris par le couvre-feu. Des familles plus prudentes se sont abstenues de rendre visite à leurs proches pour partager dans l’entière convivialité quelques soirées, sans être obligées de passer la nuit chez leurs hôtes. Pour d’autres, le fait de ne pas jouir des soirées Ramadhan était relégué au second plan, mettant en priorité l’intérêt primordial de se mettre à l’abri d’une contamination au virus de la Covid-19.

Retour à la normale
Pour cette année, tout ce qui a trait au mois de Ramadan va revenir. C’est donc un retour à la normale. Il n’y aura ni confinement ni fermeture de commerces. Gros soulagement aussi pour ceux et celles fidèles pratiquants des «Tarawih», privés de ce précepte islamique pendant le Ramadan 2020 et plus ou moins celui de 2021, où certes, les restrictions étaient assouplies mais cela restait quand même contraignant.
Faut-il se rappeler dans ce même registre que l’année dernière, les fidèles, une fois les «Tarawih» terminés, se pressaient pour prendre une tasse de café, de thé, de jouer aux dominos ou de papoter avec les amis ou voisins, car l’heure du confinement se rapprochait. Aujourd’hui, ces derniers sont avides de renouer avec ces instants que leur procurent les soirées de Ramadan. C’est le même sentiment chez les adeptes des dominos, à même les trottoirs de leur quartier, qui attendent de rejoindre leurs coéquipiers et adversaires pour s’adonner à leur jeu favori. Ces noctambules ne seront pas les seuls à être impatients de renouer avec les plaisirs des soirées de Ramadan. En effet, ce sont tous ces autres jeunes et moins jeunes qui aiment se réunir au café, autour d’une table. Dans ce même sillage, citons aussi les vendeurs ambulants saisonniers de chaussures et d’articles d’habillement qui vont pouvoir s’adonner à leurs activités commerciales à la faveur de ces soirées après deux années d’absence. Ils vont donc pouvoir reprendre du service. Finalement, les prochaines soirées de Ramadan s’annoncent des plus animées, comme avant le crise sanitaire de la Covid-19. Cela signifie également le retour des fameuses «khyamate» mais, pour l’instant, cela reste une éventualité dès lors où, selon des sources concordantes, les propriétaires des tentes bédouines n’ont pas encore obtenu le O.K. des autorités sanitaires. Citons enfin que les mélomanes vont de nouveau être sollicités par les hôtels pour assurer des soirées musicales consacrées à leur clientèle, comme cela se faisait auparavant, avant que la crise sanitaire ne vienne geler cette activité culturelle. Certes ce ne sera pas les grandes soirées musicales des années d’avant-Covid-19 mais, en tout cas, les Algériens auront l’occasion de se divertir, voire même de respirer après deux Ramadan consécutifs sous l’emprise de pénibles restrictions les privant de tous les attraits de ce mois. Ce qui est sûr, c’est que les soirées seront des plus animées. <