Après des décennies d’attente, la mine de Gara Djebilet, à Tindouf, a été enfin inaugurée hier, lors d’une visite de travail et d’inspection effectuée dans la wilaya par le ministre de l’Energie et des mines, Mohamed Arkab.

Par Feriel Nourine
Cette inauguration constitue une opportunité certaine pour l’Algérie qui pourra profiter de ce méga-gisement aussi bien pour la consommation locale de fer ainsi que pour son exportation. Avec des réserves de 3,5 milliards de tonnes, dont 1,7 milliard de tonnes sont exploitables au premier stade, la mine de Gara Djebilet est l’une des plus grandes au monde.
Le lancement de la première phase du projet de son exploitation a été approuvé en Conseil des ministres, lors d’une réunion tenue début mai dernier. Un projet qui « représente une source importante de revenus pour le pays et revêt une importance vitale dans l’accélération de la cadence de développement au double plan local et national », avait indiqué le communiqué consacré à ce Conseil qui a vu le président de la République insister sur sa mise en oeuvre et mettant en avant son aspect « stratégique ».
Pour ce faire, Abdelmadjid Tebboune avait donné des orientations pour la mise en place d’une approche « intégrée assurant la complémentarité » avec les différents projets industriels et les infrastructures y afférents, et ce, dans le cadre d’un agenda défini.
Parmi ces projets, M. Tebboune avait cité, la modernisation du réseau de transport routier conformément à des normes spécifiques et accélérer le lancement de la réalisation de la ligne ferroviaire reliant les wilayas de Tindouf et Bechar. L‘exploitation de la mine se fera avec la société chinoise CCECC, et un groupe de travail, composé de cadres du ministère de l’Energie et des Mines et du ministère des Transports, ainsi que de cadres de de ce partenaire, a été mis en place avec l’objectif d’élaborer un plan de travail pour la concrétisation de cet ambitieux projet dont le coût est de plusieurs milliards de dollars. Il s’agira, en effet, de la réalisation de plusieurs installations pour une enveloppe annuelle de 1 à 1,5 milliard de dollars par sur une période allant de 8 à 10 ans, selon les chiffres fournis par la tutelle.
Lors de sa visite d’hier, Mohamed Arkab a expliqué que l’exploitation de ce gisement se fera en trois étapes, la première allant de 2022 à 2025 et durant laquelle 2 à 3 millions de tonnes de minerai de fer seront extraites et transportées par voie terrestre (en attendant l’achèvement de la voie ferrée reliant Béchar et Gara Djebilet).
La seconde étape commencera en 2026, immédiatement après l’achèvement de la ligne de chemin de fer. La mine sera exploitée alors avec une grande capacité d’extraction de 40 à 50 millions de tonnes par an.
Le ministre a également noté que ce projet n’est pas spécifique au seul secteur minier, mais s’étend à tous les secteurs.
En particulier, les secteurs des transports, des travaux publics, de l’énergie, de l’eau, des finances, de l’environnement, de l’aménagement urbain et de la sécurité.
Pour cette raison, M. Arkab a appelé à « la nécessité d’efforts concertés de tous les secteurs afin de faire de ce vaste projet un succès dont les bénéfices sociaux et économiques profitent à tout le pays en général et à la région de Tindouf et au sud-ouest algérien en particulier », a-t-il souligné.
Outre ces infrastructures minières, il est aussi retenu au registre du même projet la création de 3.000 à 5.000 emplois, ainsi que la création de petites et moyennes entreprises, le développement du secteur de l’habitat et des infrastructures sociales, indique-t-on par ailleurs.