La crise qui couve au sein du Front des forces socialistes (FFS) n’est pas près de trouver son épilogue. L’initiative de réconciliation des parties en conflit pour le contrôle du plus vieux parti d’opposition bute sur la difficulté de rapprocher les visions des membres du Conseil national.
Ses derniers sont divisés sur la démarche que prône le comité ad hoc qui avait pourtant retenu les 14 et 15 du mois en cours comme date de la tenue d’une session extraordinaire du Conseil national. Hélas, cette réunion n’aura pas lieu, faute de consensus, nous explique une source digne de foi au sein du parti. En effet, notre source affirme que les efforts dudit comité n’ont pas abouti. « Dans plusieurs fédérations, à l’est comme à l’ouest du pays, ses rencontres ont été boudées par la base». Plus grave, la dernière rencontre qui devait se tenir samedi 9 février à Tizi Ouzou, bastion traditionnel du FFS, n’a pas eu lieu. « Sur 30 membres du Conseil national, seuls 4 se sont présentés à la réunion que devait animer les membres du comité ad hoc », nous précise la même source pour qui l’échec de la réconciliation à Tizi Ouzou est synonyme de l’échec de la mission du comité.
Le déplacement du premier secrétaire national, Hakim Belahcel, et du membre de l’instance présidentielle, Brahim Meziani, ce jour-là, n’a pas encouragé les uns et les autres à assister. Dans le camp des partisans de Belkacem Benameur, on soupçonne, en effet, une volonté des membres du comité ad hoc, composé des soutiens de Ali Laskri, homme fort du parti, de « vouloir confectionner sur mesures » la liste des membres du prochain conseil national à l’effet de s’assurer le vote des décisions qui en découleront. C’est pourquoi ils revendiquent le retour à la liste issue du 5e congrès ordinaire du parti tenu en 2013. Et puis, « un comité ad hoc est censé être composé des deux parties en conflit », suggère notre source. Elle rappelle qu’à Bejaïa, l’autre fief du FFS, le Comité n’a pas convaincu non plus. Sur 26 membres du CN, « il y a eu 8 présents ». Le Comité avait, par contre, affirmé dans un communiqué publié le 31 janvier, que « 18 ont répondu favorablement à l’invitation dont 8 se sont excusés de ne pouvoir être présents pour divers motifs, personnels ou professionnels». Il avait même décrit des échanges « fructueux, francs et constructifs». Dans un entretien accordé, hier, à nos confrères du Soir d’Algérie, Hakim Belahcel, a carrément fait l’impasse sur ces échecs. « Ce processus (rencontres du comité, ndlr) se déroule normalement dans les délais impartis. Une fois ces consultations achevées, le comité en fera un rapport à l’instance présidentielle seule habilitée statutairement à décider de réunir le conseil national et d’en fixer la date si les conditions de sa réussite sont réunies », a-t-il répondu au sujet de la crise interne, accusant au passage le pouvoir de manœuvrer pour « nous diviser et nous empêcher de poursuivre notre combat aux côtés du peuple ». Mais, ce que semble ne pas comprendre Belahcel, c’est que la base militante en a « ras-le-bol » des «luttes au sommet » pour le contrôle de l’appareil du parti de feu Hocine Aït Ahmed. Pour elle, les personnes aux commandes doivent remettre leur mandat et retourner à un congrès qui va refaire la structure du parti, à commencer par la révision du mode de gestion collégiale à travers l’instance présidentielle, qui a prouvé son échec. Pour cela, « il faut sortir des calculs de carrière politique, de mandat à l’APN, de contrôle des listes électorales, etc. », nous dira un militant. Quoi qu’il en soit, l’échec de la réconciliation à Tizi Ouzou et Béjaïa n’augure rien de bon pour la dernière rencontre que devrait tenir le comité ad hoc à la fédération d’Alger, dans les prochains jours. Surtout que dans la capitale, la guerre fratricide a atteint un pic avec une aile qui contrôle le siège national et le garde comme un château, mais sans y tenir aucune activité, et une autre interdite d’accès.