Par Milina Kouaci
Des syndicats de l‘Education nationale sont en colère contre leur tutelle. Ils déplorent la politique adoptée par le département de Mohamed Ouadjaout, à qui ils reprochent «d’ignorer les revendications socioprofessionnelles des travailleurs du secteur». Une situation qui fait accroître le malaise du personnel de l’Education, lequel n’écarte pas l’option de recourir aux actions de grève pour faire valoir ses revendications, dès la prochaine rentrée pédagogique.
Neuf organisations syndicales se sont réunies, samedi dernier, à l’effet de débattre de la situation du secteur. En ce sens, ils ont décidé de surseoir à toute action de protestation, y compris le boycott des activités administratives de fin d’année jusqu’à la prochaine rentrée scolaire. Ce collectif avait déjà menacé de boycotter les examens de fin de cycle, avant de revenir sur sa décision pour «ne pas hypothéquer l’avenir des élèves et assurer un bon déroulement des épreuves officielles», s’accordent à dire ces syndicats.
Cependant, si l’encadrement des examens de fin d’année a été décidé de plein gré, ce n’est pas le cas pour la décision de geler le boycott des activités administratives, tient à souligner le collectif qui dénonce «les intimidations» qu’auraient subies les protestataires de la part de la tutelle. «Nous condamnons les intimidations et pressions exercées sur les enseignants, notamment ceux ayant boycotté les activités administratives de fin d’année», déclare Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. Il dénonce aussi l’attitude du ministère de tutelle qui «recourt à la justice pour régler les litiges qui l’opposent à ses partenaires sociaux».
Les mêmes syndicats imputent la responsabilité de «la dégradation» de la situation du secteur à la tutelle et au gouvernement, qu’ils appellent à prendre en charge les revendications en suspens pour en assurer la stabilité. Reprochant au ministère d’adopter la politique de l’autruche, ils fustigent son choix de se contenter d’ouvrir le débat uniquement sur la révision du statut particulier et d’ignorer les autres dossiers qui les préoccupent.
Face à cette situation, l’Intersyndicale n’hésite pas à appeler la famille éducative à «se mobiliser» pour des actions militantes dès la prochaine rentrée scolaire. «Nous sommes dans l’obligation d’aller vers des actions de protestation dès l’amorce de l’année scolaire pour satisfaire nos revendications», ajoute M. Zegar. Lesquelles revendications portent principalement sur l’amélioration du pouvoir d’achat des enseignants et des travailleurs de l’Education.
Pour ce faire, le partenaire social réclame «une revalorisation des salaires avec une révision à la hausse du point indiciaire», tout en rappelant leur «droit à la retraite anticipée sans condition d’âge après 32 ans de service». De plus, il demande «d’arrêter un agenda pour libérer le statut particulier propre au secteur». Les organisations syndicales réunies samedi dernier reconduisent, en outre, leurs exigences maintes fois formulées pour l’élaboration d’une loi criminalisant les agressions contre le personnel du secteur. Une vieille revendication remise au goût du jour après l’agression dont ont été victimes dernièrement des enseignantes dans leur logement de fonction à Bordj Badji-Mokhtar.
Sur le plan pédagogique, ils réclament la révision des programmes et méthodes d’enseignement, l’amélioration des conditions de travail et de scolarisation, la réduction des volumes horaires et la dispense des enseignants du primaire des activités extra pédagogiques. Ils appellent aussi à libérer les écoles du cycle primaire de la gestion des collectivités locales.