Le retour du président Tebboune, avant-hier, après un séjour médical en Allemagne depuis fin octobre, est annonciateur d’une cadence accélérée de l’activité présidentielle, dont la reprise coïncide, symboliquement, avec la fin d’une année 2020 qui aura été mauvaise à plus d’un titre, et l’entame d’une nouvelle année que le premier magistrat du pays tentera de placer sous de bons augures en secouant le cocotier de la gestion des affaires de l’Etat.

A commencer probablement par la réunion, dans les prochaines heures, du Conseil des ministres et la signature de la Loi de finances 2021. Mais plus que cette obligation protocolaire, il s’agira davantage de reprendre la main sur certains dossiers lourds restés en suspens faute du mot ou de l’avis présidentiel.
Dans ce registre, c’est incontestablement la question relative au vaccin contre la Covid-19 que l’Algérie devrait acquérir qui pointe au peloton des préoccupations citoyennes. D’autant plus que le nom du vaccin, chinois ou russe, tend à être gardé secret par les autorités politiques, alors que l’échéance annoncée pour son acquisition est à nos portes.
L’on sait dans ce chapitre que le Premier ministre a eu des discussions avec ses homologues et les représentants diplomatiques de ces deux pays sur la question sanitaire, cela n’a pas apporté, cependant, la communication nécessaire, alors que les citoyens ne cessent de s’interroger sur le nom du vaccin choisi, son efficacité et sa disponibilité.
Par ailleurs, et dans le registre politique, le président Tebboune, et au-delà de sa signature attendue de la nouvelle Constitution, pierre angulaire des réformes qu’il veut engager dans le fonctionnement de l’Etat et l’exercice du pouvoir, devrait définir le cap de son agenda bousculé pour sa première année par la pandémie.
Il s’agit, en effet, de savoir ce qu’il compte faire de la question de la représentation politique dans les institutions, lui, qui a fait du renouvellement de la composante des assemblées élues une de ses priorités.
D’autant plus qu’il a fait part, le 13 décembre en cours, à partir de son lieu de convalescence en Allemagne, de son intention de maintenir à l’ordre du jour les échéances politiques post-référendum, en annonçant avoir enjoint les services de la présidence à l’effet d’accélérer l’élaboration du nouveau code relatif au régime électoral, ce texte qui encadrera les élections à venir.
Avec le retour de Tebboune, il est attendu à ce que le comité chargé d’élaborer ce texte, chapeauté par le constitutionnaliste Ahmed Laraba, rende sa copie, ce qui balisera la voie des échéances électorales anticipées. Reste, d’ici là, une inconnue. Quelle échéance organiser en premier lieu, maintenant que le président de l’ANIE, Mohamed Charfi, a exclu la possibilité de tenir les deux votes le même jour ? L’agenda des futures échéances tiendra-t-il compte des enseignements tirés des résultats du référendum populaire tenu le 1er novembre dernier, aussi bien sur le taux de participation que sur les voix exprimées ? Procédera-t-il dans les prochains jours à un remaniement du gouvernement Djerad à la lecture du bilan de ce dernier ? Autant de questions qui auront une ébauche de réponse dans les prochains jours au vu des signaux d’urgence visibles sur plus d’un front.

Agenda chargé et défis
Sur la situation économique du pays, les dossiers ne manquent pas et le président Tebboune est attendu, au-delà des orientations relevant des choix stratégiques, sur les cas de crise que traversent certaines entités industrielles, à l’image d’El Hadjar et l’Eniem, où le malaise tend à s’inscrire dans la durée avec une succession de contre-performances financières et de conflits sociaux.
Le président Tebboune reprendra la main également sur les affaires de sécurité régionale à la lumière des derniers rebondissements enregistrés depuis son absence sur les frontières ouest.
D’ailleurs, Tebboune a tenu hier, soit au lendemain de son retour, une séance de travail avec le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général de Corps d’armée, Saïd Chanegriha, selon un communiqué de la Présidence.
«Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des forces armées, ministre de la Défense nationale, a tenu aujourd’hui une séance de travail avec le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général de Corps d’armée, Saïd Chanegriha, qui s’est félicité à nouveau du retour du Président au pays et lui a présenté un rapport sur la situation interne et les derniers développements dans les pays voisins et au niveau des frontières», a précisé la même source.
A l’évidence, et en plus de la nécessité d’une lecture précise des évènements qui se passent au niveau des frontières, du rôle et de l’impact des uns et des autres, c’est sans doute la voix du Président qui donnera de la consistance à l’action diplomatique du pays particulièrement en ce moment, où l’environnement régional est traversé par des tensions.
Par ailleurs, plusieurs personnalités politiques à l’image de l’ancien président Liamine Zeroual, partis et des organisations nationales ont exprimé leur soulagement pour le retour au pays du président de la République après son séjour médical en Allemagne.