PAR INES DALI
Le groupe industriel engrais et produits phytosanitaires Asmidal a finalisé l’opération d’acquisition des parts du groupe ETRHB dans sa filiale Fertial. Dans un communiqué rendu public hier, Asmidal, lui-même filiale de Sonatrach, a annoncé «la finalisation de l’opération de transfert de propriété à son profit par la direction des domaines de l’Etat des parts confisquées par décisions de justice, qui appartenaient à Haddad et son complexe ETRHB Haddad dans Fertial, ce qui équivaut à 17% du capital de la société». Par cette nouvelle acquisition, la part d’Asmidal est portée à 51% du total des actions de la société Fertial, est-il précisé par la même source.
Grâce à cette acquisition, le groupe Asmidal est devenu donc «majoritaire dans Fertial», ce qui lui permettra, dit-il, d’«entreprendre les investissements nécessaires pour maintenir les capacités des unités de production, de les développer pour leur permettre de contribuer au développement de l’économie nationale, en couvrant les besoins du marché national en engrais et en produits chimiques». Cette opération va permettre également «le maintien des postes d’emploi». Il est rappelé, dans le même communiqué, que l’usine d’ammoniac et d’engrais à Arzew, et l’usine de phosphate et d’engrais azotés à Annaba, appartenaient au groupe Asmidal. Ces usines sont entrées en production respectivement en 1970 et 1972, et la société Fertial est le résultat de la fusion de Fertial Annaba et d’Alzofert Arzew en 2005. Après l’ouverture de son capital cette même année, le partenaire espagnol Grupo Villar Mir a acquis 66% des actions et cédé, en 2016, 17% de ses parts au groupe ETRHB Haddad, a souligné Asmidal. L’opération d’acquisition des parts de l’ETRHB dans Fertial par Asmidal, qui a évoqué le droit de préemption, remonte à quelques années déjà. Une polémique a éclaté en 2019, ayant poussé le groupe algérien à s’expliquer. «Suite à la volonté affichée par Villar Mir de se désengager totalement de Fertial, le groupe ETRHB a exprimé sa volonté d’engager des négociations auprès de ce partenaire pour reprendre ses parts dans Fertial. A cet effet, Asmidal a mis en jeu son droit de préemption en invitant Villar Mir à des négociations pour qu’Asmidal devienne ainsi l’actionnaire majoritaire avec un pouvoir décisionnel total». Devant cette situation, avait expliqué le groupe pétrochimique algérien, l’ETRHB a exprimé son souhait de se désengager au profit d’Asmidal de ses parts dans Fertial. Asmidal détenait alors 34% des parts de Fertial, rappelle-t-il, précisant que l’actionnariat était ainsi composé des «trois actionnaires Asmidal, Villar Mir et le groupe ETRHB qui avait racheté, en novembre 2016, 17% des parts de Fertial auprès de l’actionnaire espagnol qui détenait à l’époque 66% des parts».
En avril 2021, Villar Mir a lancé une procédure d’arbitrage devant la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI) de Paris, en exigeant de Sonatrach d’honorer son l’accord d’achat des 49% que la holding espagnole possède dans l’entreprise Fertial. La presse espagnole, qui avait fait écho de l’arbitrage, a rapporté que le groupe Villar Mir et l’ETRHB Haddad, troisième actionnaire de Fertial avec 17% du capital, ont convenu, en mars 2019, de vendre leurs actions (66%) à Asmidal, relevant que le groupe algérien n’a pas exécuté l’achat depuis, ce qui a conduit la société espagnole à recourir à l’arbitrage international.
Villar Mir a pris cette décision, «après deux ans de blocus par Sonatrach qui, à travers sa filiale Asmidal, détient 34% de Fertial», a écrit la presse ibérique, ajoutant que «selon les derniers comptes annuels de la holding espagnole, 49% de Fertial représentent une valeur de 129,1 millions d’euros, auxquels s’ajoutent plus de 20 millions de dividende en attente de perception». <