Le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a présidé, jeudi à Blida au nom du président de la République, la cérémonie d’installation du nouveau commandant de la 1re Région militaire. C’est donc le général-major Ali Sidane qui prend « officiellement » les fonctions de commandant de la 1re Région militaire à Blida en succession au général-major Habib Chentouf, mis à la retraite, selon un communiqué du MDN.

Une nomination qui intervient dans le sillage des changements opérés par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans le corps de l’ANP, et dont certains n’ont pas été jusque-là confirmés ni communiqués par les canaux officiels. Seul ce changement et celui de Saïd Bey, remplacé à la tête de la 2e Région militaire d’Oran par le général-major Meftah Souab, ont été, en effet, confirmés. C’est d’ailleurs, aujourd’hui, samedi, que Gaïd Salah se rendra à Oran pour présider au nom du président de la République, chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, la cérémonie d’installation du général-major Souab Meftah. Passée la cérémonie de passation de pouvoir et après approbation du procès-verbal, le général de Corps d’Armée a tenu une rencontre avec le Commandement et les cadres de la Région, durant laquelle il a prononcé une allocution. Gaïd Salah a déclaré à l’occasion que « l’indice de la compétence et le critère du mérite sont le phare qui nous éclaire et nous guide tout au long du droit chemin que nous empruntons, qui vise l’encrage du principe de passation des fonctions et des postes, à en faire une coutume militaire et une tradition à pérenniser ». Ouvrant ainsi les opportunités et motivant la ressource humaine, « afin de valoriser son capital d’expérience et l’encourager à multiplier les efforts au service de l’ANP, qui poursuivra avec détermination, et grâce à l’aide d’Allah le Tout-Puissant, le même parcours vers la rentabilisation optimale d’expérience et de professionnalisme de ses cadres partout où ils exercent », a-t-il ajouté. Non sans oublier de souligner qu’elle continuera « à mettre à profit les orientations clairvoyantes de Son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, afin de hisser nos Forces armées aux plus hauts niveaux en termes d’acquisition de puissance et d’efficacité au combat en toutes conditions et circonstances ». Dans ce sillage, le général de Corps d’armée, selon le communiqué du MDN, « a salué » le message du Président Bouteflika, adressé le 20 août dernier à la nation à l’occasion de la Journée nationale du moudjahid, « où il a mis en valeur les efforts de l’ANP et des différents corps de sécurité dans la préservation de la sécurité de l’Algérie et de son peuple ». Avant de rappeler, à son tour, à la jeunesse que « l’indépendance dont nous jouissons aujourd’hui, n’est guère le don de quiconque, mais plutôt le fruit des grands sacrifices consentis par nos valeureux chouhada ». Ces derniers doivent être « l’exemple à suivre », a insisté Ahmed Gaïd Salah.

Vaste mouvement
Au-delà du cérémonial, le déplacement du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), jeudi à Blida et aujourd’hui à Oran, outre les communiqués du MDN, viennent confirmer un bruit qui a couru depuis quelques jours sur des changements importants au sein de l’Armée. Si la fin de fonctions signifiée aux deux désormais ex-commandants des 1re et 2e Régions militaires, mis en retraite, est confirmée, il n’en demeure pas moins pour d’autres. Le quotidien arabe Al-Charq Al-Awsat parle du « mouvement le plus important depuis le départ du chef de l’ex-DRS, le général Toufik Mediene, en septembre 2015». En effet, plusieurs sites d’information avancent des « limogeages » qui auraient concerné des hauts gradés dont le chef de la Direction centrale de la sécurité de l’Armée (DCSA), le général Mohamed Tirèche, dit Lakhdar, et le contrôleur général de l’Armée, le général Boumediène Benattou. Il est question aussi de mettre « fin aux fonctions », qui aurait été signifiée par Bouteflika au général-major Ahcène Tafer, commandant des forces terrestres, au général-major Saïd Changriha, chef de la 3e Région militaire (Béchar), ainsi qu’au colonel Kamel Ben Miloudi, premier responsable de la sécurité de l’armée dans la capitale. En tout état de cause, ce mouvement, bien qu’il garde tous ses secrets concernant le timing, les raisons et les objectifs, reste très sensible dans la mesure où il vient suite aux limogeages des deux patrons de la Police et de la Gendarmerie nationale, le général Abdelghani Hamel et le général-major Menad Bouba, dans le sillage de l’affaire des 701 kg de cocaïne saisis au port d’Oran. Pas seulement, mais aussi, il précède de quelques mois une élection présidentielle des plus importantes.