Décidément, Abdelkrim Medouar, président de la Ligue de football professionnel (LFP), ne sait plus où donner de la tête. Le contexte sanitaire d’un côté et l’affaire d’éventuel arrangement de rencontres de l’autre, le patron de la LFP est, de plus en plus, acculé. Après s’être accroché au scénario de poursuite du championnat, il semble se faire à l’idée de l’arrêt définitif. C’est ce qu’il a laissé croire avant-hier sur les ondes de la radio nationale.
Un championnat probablement « truqué » est-il devenu indésirable aux yeux de Medouar ? Vraisemblablement oui. Le successeur de Mahfoud Kerbadj ne veut pas avoir de casseroles à traîner à l’approche de son prochain départ de la tête de l’instance. En effet, le support audio entre Fahd Helfaya, président de l’ES Sétif, et l’agent de joueurs Nassim Saâdaoui ne finit plus de faire parler. La conversation entre les deux hommes évoquait un trucage de rencontres dans le palier suprême de la balle ronde Dz. Ce qui peut laisser croire que la compétition a été faussée.
En tout cas, Medouar a changé de discours. Il y a 3 semaines de cela, il indiquait qu’« il n’est pas question d’arrêter le championnat et qu’il compte aller au terme de l’exercice 2019-2020. Même si cela se fera en novembre ». C’était au terme de la réunion tenue au Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Il y était présent en compagnie du Secrétaire général du MJS, celui de la Fédération algérienne de football (FAF) ainsi qu’un représentant du Centre national de la médecine du Sport (CNMS).

Protocole difficile à assurer
Quelques jours après cette tripartite et l’affaire de l’audio, sa conception a considérablement changé. « Personnellement, je pense que nous ne pouvons pas reprendre la compétition. Il sera très difficile aux clubs de respecter les mesures de prévention et le protocole sanitaire. Nous n’avons pas les moyens des pays européens pour rejouer au football, des centaines de millions d’euros ont été déboursés en Europe pour reprendre. La santé du citoyen doit primer avant toute autre chose », a concédé l’ancien chairman de l’ASO Chlef. Le rallongement du confinement, jusqu’au 13 juin, dans la majorité des wilayas du pays a restreint, un peu plus, la marge de manœuvre des responsables du sport. Surtout pour ce qui est du football. « Comme je l’ai déjà indiqué auparavant, la décision de reprendre ou non relève exclusivement des autorités représentées, essentiellement par le MJS et le ministère de la santé. Nous ne devons négliger aucun détail dans ce genre d’affaire sensible, le football n’est qu’un sport », assure-t-il.

La réputation en jeu
Medouar ajoutera que « Si le confinement est levé après le 13 juin, il sera possible d’évoquer les prochaines étapes, mais actuellement ce n’est pas le cas.» C’est clair, l’exercice 2019-2020 est menacé. Par ailleurs, le président de la commission médicale de la Fédération algérienne de football (FAF) Djamel Eddine Damerdji, n’avait, préalablement, pas caché son scepticisme pour ce qui est du retour à la compétition après l’entrevue au MJS. Il avait estimé « quasiment impossible de reprendre l’entraînement par petits groupes en ce moment, alors que la compétition dépend essentiellement de la levée du confinement, ce qui n’est pas le cas actuellement. Autre chose très importante, l’épidémie du virus doit disparaître ou bien diminuer sensiblement, ce qui est difficile et nécessite un grand travail.» Medouar est peut-être en train de se faire une raison sur l’incapacité des structures sportives chargées de gérer la balle ronde Dz à mettre en place un plan de relance fiable pour une compétition qui a perdu beaucoup de crédibilité après les récents événements. A vrai dire, ce n’est pas l’opus en cours qui est en danger mais toute la réputation de la discipline. n