Le procès en appel du président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ), Abdelouahab Fersaoui est programmé pour aujourd’hui au niveau de la Cour d’Alger, après avoir été reporté en date du 3 mai en cours. En détention provisoire depuis le 10 octobre 2019, Abdelouahab Fersaoui a été condamné, en date du 6 avril, par le Tribunal de Sidi M’hamed à 1 an de prison ferme et une amende de 20 000 DA, alors que le Procureur avait requis 2 ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA.
A la veille de ce procès en appel, RAJ a plaidé, dans une déclaration, « la libération inconditionnelle » de son président et de celle des autres détenus d’opinion tout en rappelant les péripéties de l’arrestation et du procès de Fersaoui. « Abdelouahab Fersaoui a été poursuivi pour des chefs d’inculpation évoquant une atteinte à l’intégrité du territoire national et incitation à la violence, deux accusations énoncées par les articles 74 et 79 du code pénal. Or, ces charges sont adressées plutôt contre le mouvement populaire et pacifique que le peuple algérien a lancé, il y a plus d’un an », lit-on dans la déclaration de RAJ. Les rédacteurs de la déclaration ont critiqué également le contexte dans lequel est désormais programmé ce procès en appel évoquant « une série de transgressions des lois de la République contre Fersaoui » et des « poursuites contre les activistes du mouvement populaire, des journalistes et la censure de sites d’information ». Arrêté le 10 octobre dernier à la fin d’un sit-in, organisé en soutien aux détenus d’opinion devant le Tribunal de Sidi M’hamed, Abdelouahab Fersaoui est, depuis, placé sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach. Les avocats de la défense, qui avaient plaidé au Tribunal de Sidi M’hamed dans une salle vide à cause des mesures de confinement liées à la pandémie, ont demandé sa relaxe. «Fersaoui est poursuivi pour deux chefs d’inculpation prévus dans les articles 74 et 79 du code pénal. Le premier parle d’entrave à la circulation de matériel militaire ou l’organisation d’une action violente. Le second évoque l’atteinte à l’intégrité du territoire national. Nous avons signalé que pour les mêmes chefs d’inculpation, la justice a relaxé en première ou en deuxième instance des détenus injustement incarcérés. Fersaoui est un homme intègre qui n’a pas attenté à l’unité nationale. Son dossier est politique », avait plaidé Me Hocine Klioua, membre du collectif de la défense. Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LADDH), affirme, pour sa part, être convaincu que l’arrestation de Fersaoui est «arbitraire » et que les chefs d’inculpation invoqués à son encontre sont «infondés ». «Au fond, il s’agit d’un procès politique contre un militant incarcéré pour ses opinions et son engagement. Le procès se déroule dans une situation particulière», soutient M. Salhi. Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a pointé, quant à lui, « un acharnement judiciaire qui se poursuit contre les activistes et les détenus en cette période de confinement ». n