Par Nadir Kadi
Interpellés dans la journée du jeudi 10 juin, les journalistes El Kadi Ihsane et Khaled Drareni ainsi que le militant politique Karim Tabbou ont été libérés dans la soirée de vendredi, soit la veille du déroulement du scrutin législatif. Les raisons de leur interpellation ne sont cependant pas connues pour le moment.
L’annonce de leur interpellation, qui a indigné les milieux de la presse notamment et des acteurs politiques, avait été communiquée par des proches ou des collègues, notamment le frère de Karim Tabbou, Djaafar Tabbou, sur sa page Facebook, ainsi que par les responsables des médias Maghreb émergent et Radio M, dirigés par le journaliste El Kadi Ihsane.
Les arrestations qui ont suscité de nombreuses réactions auraient été menées à Alger par les services de la DGSI, les deux journalistes et le militant politique auraient en ce sens été conduits dans les locaux de la caserne dite Antar. Pour l’heure, aucune information officielle n’a été donnée quant aux motifs qui ont motivé leur interpellation.
D’ailleurs, le journaliste El Kadi Ihsane, qui est revenu dans un communiqué hier sur les «les conditions de sa détention», affirme qu’après un «long échange» et un «interrogatoire formel» sur plusieurs questions, «j’ai quitté la caserne de Antar à minuit passée sans savoir très bien pourquoi j’ai été détenu pendant 30 heures, et si des suites judiciaires sont prévues».
Leur arrestation a été rapidement dénoncée et a soulevé un élan de solidarité. Il est à rappeler que les trois interpellés El Kadi Ihsane, Khaled Drareni et Karim Tabbou ont eu affaire avec les tribunaux pour des motifs divers durant les derniers mois.
Ainsi, le journaliste Khaled Drareni est en «liberté provisoire» depuis le 19 février dernier. Le journaliste, collaborateur à Radio M et notamment connu pour ses couvertures très actives du mouvement populaire, avait pour rappel été condamné en appel le 15 septembre 2020 à deux ans de prison pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale».
Une libération conditionnelle avait toutefois été mise en œuvre suite à une décision du président de la République visant à l’élargissement de «détenus du Hirak». Le journaliste sera ainsi libéré en février 2021 après une détention très critiquée.
Quant au militant politique Karim Tabbou, porte-parole du parti non agréé UDS, il avait été condamné en novembre 2020 à un an de prison pour les charges «d’incitation à attroupement non armé», «attroupement non amé», «insultes» ou encore «outrage à corps constitué durant l’exercice de ses fonctions».
Libéré en avril dernier, il avait toutefois été placé sous contrôle judiciaire par le tribunal de Bir Mourad Raïs. Enfin, le journaliste El Kadi Ihsan, directeur de Maghreb émergent et Radio M, est depuis le 18 mai dernier sous le coup d’une procédure de contrôle judiciaire décidée par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed. En cause, selon le concerné, le dépôt d’une plainte par le ministère de la Communication suite à la diffusion de «fausses informations» dans un article publié par Radio M le 23 mars 2021.