La colère exprimée par des formations politiques suite à l’invalidation de certains dossiers de candidatures a fait réagir l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) qui fait l’objet de critiques.

PAR NAZIM B.
L’instance, présidée par Mohamed Charfi, a adressé un courrier à ses délégations de wilaya afin d’étudier de nouveau les dossiers rejetés et ouvrir la possibilité de leur validation. Cette mesure vise manifestement à repêcher les exclus dans la course aux Assemblées locales dont le scrutin est prévu le 27 novembre prochain.
Elle intervient également suite à la désapprobation exprimée par des partis politiques engagés dans cette compétition et qui ont porté des critiques à l’égard de l’ANIE, notamment celles émanant du MSP et du FFS.
Pour le premier, «les rejets massifs des signatures sous prétexte de non-inscription sur la liste électorale alors qu’ils possèdent des cartes d’électeur et qu’ils ont voté durant les précédentes élections» sont un «véritable massacre». Indignés par le nombre important des listes disqualifiées, le MSP a estimé que ces «éliminations sont opérées de manière illégale et immorale avec des décisions sécuritaires, politiques et administratives arbitraires qui ne reposant sur aucun fondement juridique», qualifiant ce traitement de «nouvelle génération de fraude électorale».
Pour le parti de Makri, «l’acquis constitutionnel de l’ANIE, son contrôle de ces élections est bien pire que les précédents, ce qui confirme que la crise de la démocratie dans le pays est dans les mentalités sclérosées et les pratiques autoritaires, et non dans les textes juridiques».
Le chef du parti islamiste, qui s’est exprimé vendredi à l’occasion de la Journée nationale du journaliste, que «80% des candidats du MSP, dont les dossiers ont été rejetés par l’ANIE, sont victimes d’une fraude électorale».
Pour sa part, le Front des forces socialistes (FFS) est monté au créneau pour dénoncer un traitement sécuritaire de l’opération électorale. «Le FFS dénonce tous ces abus et la gestion sécuritaire abusive du processus électoral, qui reste un processus politique et ne peut être envisagé que sous cet angle», a affirmé le plus vieux parti de l’opposition pour qui, l’ANIE s’est appuyée «exclusivement sur les premiers rapports émanant des services de sécurité sans preuves matérielles définitives ni décisions de justice, ce qui est en contradiction avec ce qui est stipulé par l’article 184 de la loi organique électorale».
Pour le FFS, les motifs de refus avancés par l’ANIE sont «vagues» et «n’ont aucune base légale». Selon le parti, ces motifs «manquent de traitement objectif et semblent avoir ciblé de manière sélective et systématique les éléments les plus importants et les plus compétitifs dans chaque liste, sans compter que de nombreux cas de refus ont été émis après l’expiration des délais d’examen des dossiers prévus par l’article 183 de la loi organique électorale».
«Le pouvoir ne s’est pas contenté de promulguer et d’adopter des lois réglementant les élections, en particulier les articles mentionnés ci-dessus, de manière unilatérale et autoritaire, mais il est aujourd’hui en train de les violer avec une contradiction flagrante», a déclaré le parti dans son communiqué. Hakim Belahcel a indiqué, pour sa part, que le FFS «ne pourra en aucun cas tolérer les motifs de rejet opposés à plus 70 de nos meilleurs candidats et la disqualification d’une dizaine de nos listes à l’échelle nationale», mettant en garde en estimant que «toutes les options peuvent être exploitées face à cette situation».
Pour le même responsable, le pouvoir «ne peut pas ou ne veut pas se séparer de ses vieux démons qui lui ordonnent de régenter ou d’entraver violemment l’action politique dans le pays», relevant que «le rejet injustifié et méprisant de nos listes et de nos candidats ne peut pas être interprété autrement que comme la volonté délibérée des organisateurs de ce rendez-vous électoral d’occasionner un véritable guet-apens électoral contre les partis politiques et la volonté populaire». <