L’Intersyndicale de l’Education nationale est allée au bout de sa démarche de contestation en organisant son sit-in à Alger, faisant ainsi fi de l’appel lancé la veille par la tutelle qui a mis en garde les protestataires auxquels elle a rappelé leur devoir d’assurer l’encadrement des travaux et des examens de fin d’année scolaire. Cela étant, l’Intersyndicale a décidé, depuis hier, d’abandonner ses menaces de bouder les missions administratives et l’encadrement des examens, avons-nous appris du porte-parole du Satef.

Par Milina Kouaci
Et si l’Intersyndicale n’a pas pu tenir son rassemblement comme elle l’aurait voulu au vu de l’importante présence policière, l’action de protestation a fini par avoir lieu non pas devant l’annexe du ministère, comme il a été programmé, mais devant la station du tramway à Ruisseau.
Ce qui ne suggère pas moins l’option de la défiance et de l’insistance que semblent privilégier les 13 organisations qui composent l’Intersyndicale. «L’annexe du ministère était encerclée par un arsenal policier important et nous a empêché de tenir notre action là, où nous l’avions prévue il y a une semaine», dit Boualem Amoura, secrétaire général du Satef. Il indique que les lieux ont «été quadrillés dès le matin par les policiers. On était incapables de s’approcher du siège de l’annexe du ministère où la protestation devait avoir lieu», poursuit notre interlocuteur. Pour ces raisons, les protestataires ont convergé vers la placette où se trouve la bouche du métro et la station du tramway de Ruisseau où ils ont organisé un rassemblement qui a duré près d’un quart d’heure, rapporte M. Amoura. Ce dernier fait savoir que des organisations syndicales, signataires de l’appel à la protestation, ont décidé de surseoir à toute action de grève et de revenir sur la décision de boycott des activités administratives de fin d’année et de l’encadrement des examens. Ce qui constitue une évolution significative dans cette séquence de contestation syndicale. Il cite, entre autres, les directeurs des écoles primaires, les proviseurs des établissements du secondaire ainsi que des censeurs qui vont assurer leurs tâches pour le reste de l’année scolaire.
Pour rappel, cette action a été décidée pour dénoncer la dégradation du pouvoir d’achat des enseignants, exiger une augmentation du point indiciaire ainsi que le droit de départ à la retraite anticipée sans condition d’âge. Les syndicats enseignants ont, à l’occasion, scandé des slogans en faveur de l’amélioration de leur pouvoir d’achat et exprimé leur soutien aux enseignantes agressées à Bordj Badji-Mokhtar.
La tutelle, manifestant mardi son «étonnement» des appels lancés à l’organisation de mouvements de protestation et au boycott de tous les travaux administratifs et des examens officiels de fin d’année, a appelé les syndicats au respect des lois en vigueur, les contraignant «d’encadrer les examens de fin de cycle et d’assurer les activités administratives». Le département de Mohamed Ouadjaout a également appelé au respect du référé promulgué par le tribunal administratif d’Alger, lundi dernier, portant interruption de l’organisation d’un sit-in devant le ministère de l’Education nationale prévue mercredi à 11H.
Les neuf enseignantes agressées exemptées de travail l’année prochaine
Le ministère de l’Education nationale a décidé par ailleurs d’affranchir les 9 enseignantes victimes d’agressions dans leur logement de fonction à Bordj Badji-Mokhtar de l’enseignement pour le compte de la prochaine année scolaire. C’est ce qu’a signifié le ministre de tutelle aux représentants du Syndicat national autonome des directeurs des écoles primaires (Snadep), reçus lundi dans le cadre des réunions bilatérales avec le partenaire social. Dans un communiqué rendu public, le Snadep a indiqué que la tutelle a décidé d’exempter les enseignantes de Bordj Badji-Mokhtar de l’enseignement l’année prochaine et s’est engagée à les «accompagner psychologiquement», ajoute la même source.
En effet, une délégation ministérielle conduite par l’Inspecteur général du ministère Mustapha Benzemrane à Bordj Badji-Mokhtar a fait part de l’engagement de la tutelle à répondre à toutes les demandes des enseignantes victimes concernant le côté professionnel, social et psychologique.
La délégation qui a rencontré les syndicats autonomes locaux de Bordj Badji-Mokhtar a également fait part des engagements du wali d’Adrar quant à la prise en charge immédiate de certaines de leurs revendications, notamment celle liées à la protection des institutions éducatives et des résidences qui leur sont liées. La tutelle a par ailleurs promis de travailler en collaboration avec les autorités de la wilaya d’Adrar et de Bordj Badji-Mokhtar à rendre disponibles les logements de fonction et d’astreinte, ainsi que des résidences pour les enseignants originaires d’autres wilayas. Le ministère de l’Education a promis également l’envoi d’une commission d’enquête ministérielle avant la fin de l’année scolaire en cours pour faire un état des lieux sur la situation du secteur de l’éducation dans la wilaya de Bordj Badji-Mokhtar.
Suite à ces engagements, les syndicats locaux de la wilaya d’Adrar et de Bordj Badji-Mokhtar ont annoncé, mardi, le gel de leur grève et du boycott des examens de fin d’année, en contrepartie de la mise en œuvre des engagements du ministère de tutelle et des autorités locales concernant la prise en charge de leurs revendications.