Le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra), qui n’assure plus aucune garde hospitalière depuis hier, a affirmé avoir reçu, le même jour, une invitation au dialogue de la  part du ministère de la Santé par l’entremise de son Inspecteur général, Omar Bouredjouane.

Une invitation « informelle » à une réunion, censée se tenir entre 15 et 16H, hier, rejetée par le Camra, motivant sa décision justement par le fait qu’elle ne soit pas officielle. Le bureau national du Camra a écrit sur son compte Twitter avoir « reçu [le 29 avril, ndlr] un appel de l’Inspecteur général de la Santé, M. Bouredjouane, pour annoncer une réunion à la date d’aujourd’hui à 15H30, et ce, sans nous préciser plus de détails sur l’objet de cette réunion ». Et d’ajouter : « Ce à quoi nous avons répondu par email (seul outil d’invitation officielle entre nous et le ministère de la Santé) que nous demandons une invitation officielle avec ordre du jour et liste des présents pour y répondre ! » Vu que le ministère n’a pas réagi à leur requête, le Camra a décidé purement et simplement de ne pas y aller ! Ce que le Camra n’a cessé d’exiger à chaque réunion de négociation, c’est la présence de M. Hasbellaoui lui-même. Ce que relate à son tour le Dr Boutaleb, joint hier, qui confirme que le Camra « a envoyé un email pour demander une invitation officielle avec plus de détails », en expliquant que « les résidents ont le droit d’avoir des informations sur cette rencontre ». Et de dénoncer l’attitude du ministère qui a annoncé la tenue de cette rencontre aux médias, avant d’être confirmée par le Camra, qui considère que ce geste « est une manipulation de la part du ministère de tutelle pour installer le doute parmi les grévistes». Pour l’instant, l’arrêt des gardes est maintenu et aucune activité de soins ne sera assurée par les grévistes, malgré les réquisitions annoncées par la tutelle. A ce propos, le directeur du CHU Mustapha-Pacha, M. Banana, a déclaré aux médias que les résidents qui refusent la réquisition seront poursuivis par les services administratifs concernés et la justice. Par ailleurs, la journée d’hier était marquée par l’organisation de sit-in au niveau de plusieurs CHU du pays, à l’instar du CHU d’Oran. Les résidents ont manifesté devant l’administration pour dénoncer le gel sur salaires dont ils disent être « victimes » depuis plusieurs mois. De leur côté, les résidents du CHU de Tizi-Ouzou ont décidé de quitter l’hôpital jusqu’à  satisfaction de leurs revendications : « On ne se sent pas à notre place à l’hôpital», disent-ils.S. D.