Par sa personnalité, Marcelo Bielsa laisse rarement insensible. Certains l’aiment. D’autres le détestent. Et quand il passe dans un club, une empreinte indélébile reste. Ce n’est pas toujours forcément positif. Lille, où il a fait un passage éclair en 2017, n’aurait ainsi pas été contre s’en passer. Mais aux Newell’s Old Boys, à l’Athletic Bilbao et à l’Olympique de Marseille, il a conquis nombre de supporters, qui l’idolâtrent encore. Les fans de Leeds sont désormais à compter parmi ses fidèles.
En deux saisons et alors que le club avait terminé à la 14e place avant son arrivée, El Loco a fait parler sa magie pour séduire une ville. « C’est fou. Quand il est arrivé, je n’aurais jamais imaginé que l’on n’aurait pu monter deux ans après. Le manager et le staff ont eu un rôle déterminant. C’est le meilleur manager du monde », lance sur la BBC Kalvin Phillips, l’un des joueurs clefs de l’effectif par son rôle au milieu. Voici certaines de ses réussites.

Logue frustration
Seize ans ! Seize longues années au purgatoire. Les Peacocks, incapables de se relever après une descente en 2004, ont été frustrés pendant des années. Obligés de vivre dans l’ombre, loin de l’élite du football, tombant même dans les méandres de la troisième division entre 2007 et 2010.
Une punition pour un club historique du Royaume, champion d’Angleterre à trois reprises (1969, 1974 et 1992), finaliste de la Coupe des champions 1975 et même encore demi-finaliste de la C1 en 2001. Mais l’arrivée de Marcelo Bielsa a tout changé. Grâce à lui, Leeds corrige une anomalie en retrouvant enfin la Premier League après tant d’années d’attente.

Repartir de l’avant après la claque de 2019
Souvenez-vous l’été dernier. Leeds avait vécu une terrible désillusion après avoir caracolé en tête une bonne partie de la saison. Avec un point sur les quatre dernières journées, le club du nord de l’Angleterre s’était écroulé et avait raté la promotion directe en Premier League, avant de tomber lors des playoffs pour le dernier ticket. Une terrible claque. Mais Marcelo Bielsa et Leeds ont choisi de retenter le coup ensemble. Et ils sont revenus plus forts. Malgré cette déception, les départs à l’intersaison et ses méthodes ultra-exigeantes, la recette de l’Argentin a continué de prendre. Leeds a encore développé un jeu alléchant et s’est même montré plus solide derrière. Au grand bonheur d’United qui s’est relevé pour atteindre son but.

Gagner, mais en jouant à la Bielsa
Dans un Championship réputé rugueux et physique, Marcelo Bielsa a refusé de changer ses principes, sans grande surprise. Leeds a ainsi tout de suite adhéré à sa philosophie pour développer un style séduisant avec un pressing haut, une possession importante et un jeu qui passe beaucoup sur les côtés dans un atypique 3-3-1-3 en phase offensive. Avec son football offensif et léché, Leeds a ainsi enchanté nombre d’observateurs en Europe. Un comble pour un club, surnommé à une époque « Dirty Leeds » (« Sale Leeds ») pour son jeu hargneux. Mais cette fois, Bielsa, toujours aussi pointilleux et amateur de longues séances d’analyses vidéos, a réussi son coup : son équipe n’a pas seulement séduit. Le succès a aussi suivi.

Une pause Covid-19 sûrement bienvenue
Cela n’est pas de son fait. Et étant donné les conséquences en Angleterre, tout le monde s’en serait bien passé. Mais la pause liée à la pandémie du Covid-19 est peut-être arrivée au bon moment pour les Whites. Les équipes de Bielsa ont tendance à signer des débuts de saison riches en promesses avant de vivre un dénouement en eau de boudin, épuisées par les méthodes exigeantes de leur entraîneur qui s’appuie essentiellement sur un groupe restreint de joueurs. La saison passée en est encore le parfait exemple. Mais cette fois-ci, les joueurs de Leeds ont pu se ressourcer. Et s’ils avaient connu une baisse de régime flagrante en janvier-février avec quatre défaites et un nul en six matches, ils ont enchaîné cinq victoires et un nul en sept matches depuis la reprise.

Capacité à transformer les joueurs
C’est l’une de ses grandes forces. Alors que Leeds n’avait pas les moyens de dépenser à tout va pour se renforcer, Marcelo Bielsa a su transformer ses joueurs. En les faisant adhérer à sa philosophie de jeu déjà. Nombre de ses joueurs sont ainsi méconnaissables aujourd’hui tant ils ont passé des paliers, comme le latéral Luke Ayling, l’ailier Jack Harrison, Stuart Dallas ou encore l’omniprésent Kalvin Phillips déjà évoqué pour aller en sélection. Et c’est aussi vrai sur le plan du physique., « Bielsa est implacable, notamment avec les objectifs liés à notre poids et les entraînements au quotidien. Je n’ai jamais pensé que je pourrais m’améliorer autant », avoue Phillips sur Sky Sports. Liam Cooper trace le même sillon : «Sur le plan du physique, ca a été incroyable pour moi. Quand j’ai signé, je pesé 92 kilos. Maintenant, je suis à 81. Depuis que Bielsa est arrivé, il a changé toute la manière de travailler du club». Reste à maintenant à continuer cette progression pour s’installer en Premier League. n