A la veille de la célébration du Nouvel an amazigh 2971, Yenayer, les espaces culturels étatiques, les maisons de la culture et les théâtres rouvriront leurs portes au grand public après plus de 10 mois de fermeture à cause de la pandémie de la Covid-19, sur instruction de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, indique un communiqué du ministère.

Il est ainsi précisé que la décision de réouverture de ces espaces (théâtres, maisons de la culture et établissements culturels sous tutelle) intervient suite «à la réunion tenue récemment entre Mme Bendouda et les cadres du ministère (…) et en réponse au besoin incessant exprimé par les intellectuels et artistes en vue de redynamiser les activités culturelles et artistiques».
Toutefois, la réouverture de ces espaces est tributaire, tel que l’a souligné la ministre de la Culture dans son instruction, de «l’impératif respect du protocole sanitaire» afin d’endiguer la propagation du coronavirus.
Plusieurs manifestations, activités et rendez-vous culturels sont programmés au niveau des espaces culturels à travers la mise en place d’un protocole sanitaire pour la protection des spectateurs et des acteurs du secteur de la culture, souligne ainsi le communiqué.
Le Théâtre national algérien (TNA) Mahieddine-Bachtarzi a donné, hier, le la de la reprise des représentations théâtrales pour le grand public, à l’occasion de la «Journée arabe du théâtre», coïncidant avec le 10 janvier de chaque année, avec la représentation de la pièce «Memory-Kelthoum». La pièce est produite par la coopérative artistique pour le théâtre Port-Saïd, en collaboration avec le Théâtre national algérien, écrite par Dr. Djamila Mustapha-Zeggai et mise en scène par Tounes Aït-Ali.
Pour aujourd’hui, c’est à travers un programme haut en couleurs que le TNA célèbre le Nouvel an amazigh, Yennayer 2971, en organisant une série d’activités dès 10H30, tout au long de ce 11 janvier.
Au programme, une conférence portant sur Yennayer dans la matinée, des expositions et ateliers d’artisanats, de 14H à 16H30, autour de la thématique des rituels et des coutumes de cette célébration ancestrale et, à 15H, l’organisation du Carnaval «Chaïb-Achoura» avec notamment des chants «achwik».
Le Bastion 23, Palais des Raïs, a également rouvert ses portes au grand public depuis hier, afin de célébrer dans un esprit de convivialité et de valorisation du patrimoine national le Nouvel an amazigh 2971. De nombreux ateliers sont organisés en collaboration avec le Musée national du Bardo dont l’atelier sur le Tifnagh en plus d’un atelier sur les symboles amazighs.
Pour le 14 janvier, plusieurs activités sont au programme axées autour des coutumes et traditions liées à la célébration du Nouvel an amazigh au Mont Chenoua, dans la wilaya de Tipasa, avec au programme des conférences, des expositions de poteries, ainsi que des dégustations culinaires de plats traditionnels spécialement préparés dans le cadre de cette célébration dans la région de Chenoua.
Pour rappel, depuis le 11 mars dernier, la ministre de la Culture a suspendu toutes les activités et manifestations culturelles dans l’ensemble de ses structures à travers le territoire national, où des mesures ont été prises par les autorités publiques dans le cadre du confinement partiel et total afin de faire face à la pandémie.
A l’instar de ce qui s’est passé dans le reste du monde, certains établissements culturels avaient alors basculé vers les plateformes numériques afin de continuer à proposer du contenu artistique et culturel. Parmi les plateformes les plus actives, celle du TNA. Le Théâtre national a réussi ainsi à concocter, durant ces dix mois, différentes activités virtuelles, dont la diffusion de pièces théâtrales via la chaîne youtube créée à cet effet, ainsi que de nombreuses conférences et débats à travers des lives diffusés sur la page officielle du TNA. De même, depuis le début du confinement et à ce jour, l’Office national de la culture et de l’information (ONCI) a été très actif au niveau des réseaux sociaux en diffusant différents concerts, pièces de théâtre et spectacles pour enfants, ainsi que des expositions virtuelles. Egalement, la Cinémathèque algérienne a œuvré à rester active, virtuellement parlant, notamment en organisant le concours de la meilleure affiche, ainsi que différentes expositions virtuelles autour du septième art.
Au final, cette décision de réouverture des espaces culturels est une véritable bouffée d’oxygène tant pour les artistes et les producteurs que pour le grand public, car malgré tous les efforts fournis pour pallier à cette fermeture des espaces culturels, rien ne peut remplacer la magie de la synergie née du contact direct entre le public et les espaces de créativité. <