Par Hamid Bellagha
Les onze unités de dessalement capitalisées sur 9 wilayas de la côte maritime algérienne ont une propension de production totale de 2,1 millions de m3/j d’eau dessalée. C’est-à-dire pas grand-chose, quand on sait que pour produire un seul pantalon jeans, par exemple, il faut 75 000 litres d’eau, et que la moyenne mondiale de consommation du précieux liquide est de 137 litres/jour par personne. C’est dire que de sérieux efforts doivent être consentis pour éviter une sous consommation d’eau, avec les conséquences fâcheuses que cela induit, même si l’on rajoute l’eau en provenance des barrages ou des sources.
C’est sans doute dans cette optique que le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab et le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi, ont co-présidé hier dimanche à Alger une séance de travail sur l’examen des moyens de raffermissement des capacités nationales de dessalement d’eau de mer. Une promesse qui date, promise par plusieurs ministres des ressources en eau qui se sont succédé à la tête du ministère éponyme.
Cette réunion a rassemblé les représentants des deux ministères, ainsi que le PDG de l’Algérian Energy Company (AEC) et le Directeur Général de l’Algérienne des Eaux (ADE), tous les deux impliqués dans l’approvisionnement des wilayas côtières par de l’eau douce issue de la grande mare.
Lors de cette rencontre, il a été rappelé surtout l’état des stations de dessalement d’eau de mer, pas très reluisant, notamment celle de Souk Tleta et de Magtaa ainsi qu’aux procédés de lancement des nouveaux projets d’unités de dessalement consignés dans le programme de l’actuel gouvernement.
Le dessalement d’eau de mer, devenue par la force des choses et de la sécheresse ambiante une «option stratégique» pour la sécurisation de l’alimentation en eau potable, les deux ministres ont souligné «l’important apport» de la production d’eau dessalée des 11 unités existantes dans l’offre nationale d’eau douce.
Les cadres des deux ministères cités plus haut ont accentué sur la «nécessité d’engager, rapidement, avec toutes les parties concernées, des actions concrètes et de mener une réflexion approfondie afin d’assurer la sécurité nationale d’approvisionnement en eau potable», notamment pour cette année où la pluviométrie n’a pas été très généreuse. Il a été, en effet, constaté, selon des chiffres du ministère des Ressources en eau que le taux de remplissage national des barrages dépasse à peine les 40 %. Un chiffre inquiétant surtout quand on sait que la consommation du précieux liquide va en augmentant au fur et à mesure de l’approche de la saison chaude. Et même si les barrages à l’est du pays affichent un taux qui frise le maximum de retenue, l’absence de pluie au mois de février a quand même refroidi les ardeurs des dirigeants de ces mêmes barrages, celui de Beni Haroun en tête.
L’option de dessalement d’eau de mer qui n’était qu’un appoint il y a quelques années semble devenir une nécessaire exigence, dérèglement climatique oblige ; sans oublier la mauvaise gestion des ressources hydriques et le taux phénoménal de la déperdition de l’eau potable. Mais ça, c’est déjà une autre histoire.