Par Bouzid Chalabi
La stratégie du secteur des ressources en eau afin d’assurer l’eau potable au citoyen dans l’ensemble des wilayas pendant la saison estivale a été révélée par le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique Karim Hasni, depuis Blida, où il était en visite de travail jeudi dernier. Ce dernier a, en effet, rappelé à la presse que «des mesures ont été prises au préalable pour garantir l’approvisionnement des citoyens en eau potable, notamment tout au long de la saison estivale. Ce sera rendu possible par la revue à la hausse des volumes des ressources mobilisées.
Toujours dans ce même sillage, Hasni a indiqué qu’en ce qui concerne le taux de remplissage des barrages, «il avoisine les 44%. Un taux rassurant», selon ce dernier. Quant à l’activité des 11 stations de dessalement au niveau national, «elles ont permis de créer un équilibre entre les wilayas», a-t-il fait constater, ajoutant que cela «améliorera l’opération d’approvisionnement en eau potable par rapport à l’année dernière». Sur ce dernier point, le ministre a rappelé que «la wilaya d’Oran, où le niveau des barrages a considérablement baissé l’été dernier, a pu assurer l’approvisionnement en eau potable à ses citoyens grâce à 7 stations de dessalement».
Pour revenir à la visite du ministre dans la wilaya, il y a lieu de savoir que ce dernier a annoncé sur place, dans une déclaration à la presse, qu’un projet est à l’étude sur la possibilité d’étendre à l’avenir l’activité de cette filière de l’Algérienne des eaux (ADE), liée à la gestion de l’eau potable dans la capitale et Tipasa, à d’autres wilayas. Selon ce dernier, les wilayas de l’Ouest, Blida, Aïn Defla et Médéa sont concernées par cette future procédure. Il a expliqué la raison majeure de cette initiative : «Le déficit qu’enregistre actuellement l’ADE en matière de gestion de l’eau potable, au niveau de certaines wilayas, est lié au volet structurel notamment le système tarifaire qui est le même depuis 1985».
Il y a lieu enfin de rappeler que Karim Hasni avait, lors de son passage à l’APN dans le cadre du débat du projet de loi de finances 2022, au mois de juin 2021, affirmé que les capacités hydriques actuelles en Algérie ne permettent d’assurer que 420 m3 par individu annuellement, alors que l’Organisation des nations unies (ONU) détermine le seuil de rareté à 1 000 m3 par année pour un seul individu. Autrement dit, l’Algérie est confrontée à la rareté de l’eau. Toujours à ce propos, il avait à cette même occasion relevé que la situation va s’accentuer sous les effets des changements climatiques et de l’augmentation continue de la demande en eau. En somme, si pour cette saison estivale, les populations sont rassurées de ne pas vivre les mêmes désagréments dans l’alimentation en eau potable que durant l’été 2021, il n’en demeure pas moins que nous ne sommes toujours pas à l’abri d’une autre crise. Il faut que les pouvoirs publics s’attèlent à faire accélérer le dédoublement du nombre d’usines de dessalement, une solution idoine en pareil cas de rareté des ressources conventionnelles. Il s’agira donc d’anticiper et non plus de réagir par à coup avec tout que cela comporte comme dommages collatéraux.