Le gestionnaire français du réseau de transport de gaz GRTgaz, une filiale à 75% d’Engie (Engie, anciennement GDF-Suez, est le troisième plus grand groupe mondial dans le secteur de l’énergie) a souligné mardi dernier que l’approvisionnement en gaz depuis l’Algérie connaît des problèmes, alors que la demande augmente suite à la vague de froid qui touche l’Hexagone.


Les livraisons au terminal de Fos-sur-Mer (sud de la France, NDLR) étaient, a-t-il ajouté, d’environ  40 gigawatt-heure (GWh) par jour, alors que la demande est de 70 GWh par jour durant cette période de l’année». Et, GRT gaz d’affirmer que la région connaît une situation «assez préoccupante » du fait du «quasi-arrêt» des livraisons gazières depuis l’Algérie au terminal méthanier de Fos-sur-Mer. C’est complètement faux, réplique Sonatrach. Pour la compagnie nationale d’hydrocarbures le problème se pose en tous autres termes. Détails : d’abord, elle se défend d’avoir failli à ses engagements contractuels en matière d’approvisionnement en gaz naturel de la France, précisant que les quantités contractuelles destinées à cette région française avaient été « totalement épuisées » par l’opérateur Engie, en raison de la hausse de la consommation suite notamment à la persistance des mauvaises conditions climatiques dans l’Hexagone.
Cela a contraint GRT gaz a sollicité Sonatrach pour l’approvisionner en quantités supplémentaires de gaz. Et c’est à ce niveau-là que le problème se situe dans une certaine mesure, Sonatrach n’ayant pas répondu à cette demande. La compagnie nationale rappelle à ce propos qu’elle est dans son droit de décliner cette demande en raison de ses engagements avec d’autres clients, révélant que le recours d’Engie à Sonatrach pour augmenter ses livraisons gazières s’explique en fait par le retour à la hausse des prix de gaz sur le marché spot puisqu’il est indexé sur les cours du pétrole brut. Et, fait intéressant évoqué par l’entreprise que dirige Amine Mazouzi : « La compagnie algérienne avait subi des pressions de la part des sociétés françaises et européennes pour réviser les prix contractuels de gaz dans le sillage de la chute des prix de pétrole. La partie française voulait renégocier en réalité les contrats gaziers à long terme avec Sonatrach lorsque les prix (de gaz) étaient bas. Ils (les Français) voulaient faire pression sur Sonatrach pour renégocier ces contrats ». Evidemment, on peut négocier uniquement lorsqu’on est en position de force, et non de faiblesse, à plus forte raison quand la conjoncture pétrolière est mauvaise. Sonatrach ne veut pas céder sur ces contrats à long terme dont certains arriveront à échéance en 2019. Et, elle a des arguments à faire valoir. La compagnie nationale estime ainsi que seul ce type de contrats pourra assurer la sécurité de l’approvisionnement et permettre d’investir dans l’industrie gazière dont on ne peut mesurer le retour sur investissement que sur le long terme. Le problème des approvisionnements gaziers ne s’est jamais posé dans les engagements contractuels de Sonatrach, y compris au lendemain de l’attaque terroriste contre le complexe gazier de Tiguentourine. Aujourd’hui, cette plateforme a retrouvé sa pleine capacité de production avec le redémarrage du Train 3 qui intervient après la remise en marche des Trains 1 et 2 en 2013. Le ministre de l’Energie, Noureddine Boutarfa, s’est exprimé également sur les déclarations du GRTgaz. Nourreddine Boutarfa a estimé « inopportun » de se soucier à la place de cet opérateur français. « Nous, à notre niveau, dit-il, nous n’avons aucun problème… maintenant pourquoi voulez-vous qu’on s’inquiète à la place des Français ».