L’Algérie et l’Italie sont passées à un stade supérieur de leur partenariat. Les deux pays, liés par une coopération vieille de plusieurs décennies, ont convenu de relancer le projet d’un deuxième gazoduc, le Galsi en l’occurrence, pouvant transporter aussi bien le gaz, l’électricité, l’hydrogène que l’ammoniac. La finalité est de diversifier et d’accroître substantiellement les exportations algériennes vers l’Italie et d’en faire un hub énergétique capable d’approvisionner plusieurs pays du Vieux Continent.

Par Hakim Ould Mohamed
L’Algérie va renforcer davantage son partenariat énergétique avec l’Italie, dont la perspective d’un second gazoduc reliant les deux pays s’est confirmée, lundi, à l’occasion de la visite, en Algérie, de la cheffe du gouvernement italien, Georgia Meloni. Celle-ci a dit croire plus que jamais quant aux capacités et à la volonté de son pays d’aller plus loin dans son partenariat avec l’Algérie, déjà élevé au stade de stratégique. Les deux partenaires ont annoncé lundi leur projet d’un second gazoduc reliant les deux pays. Mais pas seulement. Ils ont également annoncé, officiellement, le projet de mettre sur pied un hub énergétique sur le sol italien, lequel hub devrait ensuite desservir l’ensemble du Vieux Continent en produits énergétiques. Dans le cadre de ce projet, le second gazoduc en perspective en est une pièce maitresse. Car il s’agit de transporter à la fois du gaz, de l’électricité, de l’hydrogène et de l’ammoniac. Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, y voit un projet qui revêt «une importance extrême». Sonatrach et son partenaire ENI vont continuer à améliorer les performances de l’amont gazier, tout en investissant dans la diversification des sources d’énergie, afin d’accroitre davantage les livraisons à destination de l’Italie pour atteindre 28 milliards de m3 à très court terme. Les nouveaux projets aideraient à porter le volume bien au-delà et à faire de l’Italie un hub énergétique connecté à plusieurs autres pays du Vieux Continent. L’Algérie et l’Italie ont officiellement convenu de bâtir un partenariat capable de repousser davantage les limites contractuelles et les frontières des deux pays. S’exprimant lors d’un point de presse avec la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, le chef de l’Etat a indiqué que «la durée de réalisation de ce projet est laissée à l’estimation des techniciens. Néanmoins, je crois qu’elle sera courte, d’autant que nous nous sommes mis d’accord sur le projet de gazoduc et avons signé un accord à son propos aujourd’hui, pour le lancement de l’étude puis la réalisation». Lui emboitant le pas, Georgia Meloni fait savoir que l’Algérie et l’Italie étudiaient, à cet effet, la réalisation d’un nouveau pipeline qui permettrait aussi de transporter de l’hydrogène et de l’électricité, croyant dur comme fer que dans le contexte de la crise énergétique que traverse l’Europe, l’Algérie peut «devenir un leader aux niveaux africain et mondial, et l’Italie est la porte d’entrée pour la fourniture de cette énergie à l’Europe».

Accroitre et diversifier les exportations énergétiques
Le Galsi, puisque c’est de ce pipeline dont il s’agit, permettra à l’Algérie de diversifier ses produits énergétiques acheminés à destination de l’Italie. Les études portent, entre autres, sur la possibilité d’un triple usage, à savoir le transport du gaz, l’électricité et l’hydrogène. L’actuel gazoduc, l’Enrico Mattei, permet déjà de transporter un volume de 32 milliards de m3 par an. Avec l’arrivée du Galsi, il s’agit d’aller bien au-delà des capacités actuellement disponibles et faire de l’Italie un hub gazier pouvant desservir plusieurs pays du Vieux Continent. L’idée de relancer le projet Galsi pour permettre à l’Italie de jouer un rôle de hub énergétique sur le Vieux Continent a été remise sur le tapis début décembre dernier par le ministre de l’Energie et des mines, Mohamed Arkab, lors de sa participation, à Rome, à la 8ème édition du Forum de haut niveau pour le dialogue en Méditerranée (ROME-MED). «Nous sommes aussi attentifs aux besoins de nos clients, et disposés à relancer et à réactualiser les études du gazoduc GALSI, reliant l’Algérie à la Sardaigne», a indiqué le ministre de l’énergie et des mines, expliquant à la même occasion que la réalisation de ce second gazoduc «permettra à l’Italie de renforcer son rôle de hub gazier européen». L’idée a bien mûri depuis et les deux partenaires passent désormais à l’action. Cependant, cela requiert d’importants investissements dans l’amont ainsi que sur l’ensemble de la chaine de valeur énergétique pour pouvoir accroitre substantiellement les quantités de gaz à l’export. Le chef de l’Etat a demandé au groupe Sonatrach de mettre le turbo pour atteindre une capacité d’exportation de 100 milliards de mètres cubes à très court terme. «Nous produisons actuellement près de 102 milliards de m3 de gaz, dont la moitié est consommée localement. J’espère qu’en 2023, nous atteindrons une production de 100 mds de m3 de gaz destinée exclusivement à l’exportation», a indiqué le chef de l’Etat à l’inauguration de la Foire de la production algérienne (FPA-2022). Les jalons de cette nouvelle ambition algéro-italienne ont été officiellement posés, lundi, consignés dans un mémorandum d’entente conclu, lundi, par les groupes Sonatrach et ENI, portant sur l’amélioration des réseaux de raccordement énergétique entre l’Algérie et l’Italie. <