La fermeture par l’Algérie du gazoduc Maghreb-Europe revient sur le devant de la scène avec de nouvelles déclarations, hier, par le PDG de Sonatrach qui, en marge du Napec 2021, a tenu, une fois de plus à couper l’herbe sous les pieds de ceux qui doutent des capacités de l’Algérie à honorer ses engagements envers ses partenaires européens.

Par Hakim Ould Mohamed
«L’approvisionnement de l’Espagne en gaz algérien ne souffre d’aucun problème. Pour le moment, aucun de nos partenaires espagnols ne s’est plaint auprès de nos services quant aux volumes de gaz exportés vers d’Espagne. Nos approvisionnements se font sur la base des contrats que nous avons conclus avec nos partenaires. Nous n’avons enregistré aucune réclamation jusqu’à l’heure actuelle», souligne le PDG de Sonatrach, Toufik Hakar, en réponse à une question qui évoque certaines réserves émises par des parties européennes au sujet de l’approvisionnement du Continent en gaz algérien, au lendemain de la suspension du GME. C’est la énième fois que le PDG de Sonatrach intervient pour couper court à une polémique infondée, remettant en cause les capacités de l’Algérie à remplir ses engagements. Le patron de la compagnie publique des hydrocarbures a ainsi tenu, une nouvelle fois, à rassurer que l’alimentation de l’Espagne en gaz se fera désormais au moyen du Medgaz, lequel gazoduc fait l’objet actuellement de travaux d’extension, ainsi qu’à travers des navires que mobilisera Sonatrach tout au long de l’année. Pour le PDG de Sonatrach, l’arrêt des livraisons de gaz au moyen du GME ne devra pas perturber le partenariat gazier qui lie Sonatrach à ses clients européens. A propos de la question qui évoque les capacités de Sonatrach à répondre à une demande additionnelle de ses clients européens, sur fond de crise énergétique sans précédent en Europe, Toufik Hakar a indiqué que cette demande n’a pas été faite et qu’il serait opportun d’attendre qu’elle soit officiellement introduite pour y répondre. «Pour l’heure, aucune demande de ce genre n’a été formulée auprès de nos services et si cette demande venait à être faite Sonatrach répondra certainement», souligne le PDG de Sonatrach. Dans la foulée, le patron de la compagnie publique des hydrocarbures a indiqué que les capacités de production et d’exportation de son groupe «sont suffisantes, aussi bien en gaz qu’en GNL». A propos du gazoduc Nigeria-Europe et d’une éventuelle participation de l’Algérie à ce projet, Toufik Hakar a fait savoir à la même occasion que les études techniques concernant ce gazoduc ont été achevées par son groupe, tandis que les études concernant sa viabilité économique et sa rentabilité commerciale font l’objet d’autres études en cours. «Sonatrach prendra sa décision lorsqu’une demande sera faite à ce sujet aussi bien de la part des partenaires européens que nigérians», soutient Toufik Hakar. Par ses propos, le PDG de Sonatrach a tenté à nouveau de couper court aux rumeurs et/ou doutes alimentés par certaines parties européennes quant aux capacités de l’Algérie d’honorer ses engagements contenus dans ses contrats de fourniture de gaz à l’Europe. Ces rumeurs sont survenues au lendemain de la décision prise par Alger de mettre fin aux livraisons de gaz à destination de l’Espagne via le GME qui transite par le Maroc. L’Algérie a maintes fois indiqué à ses partenaires européens qu’en plus des quantités de gaz exportées via le Medgaz, le groupe Sonatrach s’engage à mobiliser une flotte de navires afin de pouvoir remplir ses engagements contractuels. <