La Tunisie veut plus de produits pétroliers algériens, notamment de GPL (gaz de pétrole liquéfié). Et Naftal est disposée à satisfaire sa demande.


La question de l’approvisionnement de la Tunisie en GPL et autres produits pétroliers a été abordée, hier à Alger, à la faveur de la réunion de la commission bilatérale algéro-tunisienne. Le ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa, et son homologue tunisienne, Hala Chikh Rouhou, étaient présents.
Bouterfa a détaillé dans une déclaration à la presse à l’issue de la réunion que la Société nationale de commercialisation et de distribution des produits pétroliers (Naftal) a les moyens d’approvisionner les frontières tunisiennes avec des quantités plus grandes en gaz de pétrole liquéfié. Nous sommes prêts, dit-il, à satisfaire toutes les demandes de la Tunisie (en gaz de pétrole liquéfié) et à augmenter les quantités approvisionnées. Les deux parties ont, par ailleurs, convenu de doter la société mixte algéro-tunisienne Numid, née en 2003, d’un partenariat entre le groupe Sonatrach et la Société tunisienne des activités pétrolières, et d’élargir son activité à l’extérieur des territoires algérien et tunisien. Cette société opère essentiellement dans l’exploration, la production du pétrole et du gaz en Algérie et en Tunisie.
Les deux parties ont également examiné, lors de la réunion à laquelle ont assisté des responsables et des experts du secteur de l’énergie des deux pays, les moyens de prolonger les contrats d’exportation du gaz vers l’Europe via le gazoduc Algérie-Italie qui traverse le territoire tunisien. Il s’agit, selon Bouterfa, de prolonger les contrats conclus entre Sonatrach et la société italienne Eni qui expirent en 2017 et 2019.
En matière gazière, la Tunisie, tout comme l’Italie, s’approvisionne auprès de l’Algérie. La Tunisie va d’ailleurs renouveler son contrat d’approvisionnement en gaz algérien pour satisfaire ses besoins de consommation énergétique interne qui ne cessent d’augmenter. Elle s’apprête à le faire, alors que sa production d’hydrocarbures connaît depuis environ un an une baisse drastique en raison de mouvements sociaux. La production aura été complètement interrompue, il y a quelques mois, sur le champ Kerkennah. Par ailleurs, la maîtrise des énergies renouvelables, la formation et la gestion des ressources humaines ont été également évoquées à l’occasion de la réunion de la commission mixte. Ces thématiques constituent d’autres opportunités de partenariat dans le domaine de l’énergie entre l’Algérie et la Tunisie, ainsi que l’a expliqué le ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa. Celui-ci voit dans ces réunions, qui se tiennent de manière régulière et périodique, la preuve que les relations entre les deux pays sont « excellentes». La ministre tunisienne a qualifié, elle, les relations entre Alger et Tunis, en matière d’énergie, de « privilégiées», affirmant que l’Algérie était et demeurera le premier partenaire énergétique de la Tunisie.
Mme Chikh Rouhou s’est dite, en outre, intéressée par le modèle algérien pour le développement des énergies renouvelables d’autant que son pays aspire à la production de 30 % de son énergie par les énergies renouvelables à l’horizon 2030. Le modèle adopté par l’Algérie, note-t-elle, s’appuie sur de grands projets, alors que la Tunisie s’appuie sur des projets plus petits (…). C’est pour cela, a-t-elle relevé, que nous avons convenu d’établir une coopération et un partenariat dans ce domaine. La  réunion de la commission mixte se tient périodiquement depuis plusieurs années. Les deux pays ont l’ambition d’en faire un instrument essentiel aux fins de développer et de promouvoir le bilatéral.