Messaoud Boudiba, porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapest)

« Au vu des difficultés et des grèves qui ont caractérisé l’année scolaire qui vient de s’écouler, on peut dire que le taux de 55,88% de réussite au bac est acceptable. Mais il faut aussi savoir qu’environ 44 % des candidats n’ont pas réussi, et il faut surtout penser à eux pour qu’ils ne subissent pas un décrochage et se retrouvent dans la rue. Ce résultat indique aussi que malgré la grève du Cnapest, les enseignants ont démontré leurs capacités à faire face aux problèmes qui se sont posés. Cela démontre aussi que cette grève n’a pas entièrement perturbé la scolarité. La preuve en est que certaines wilayas où la grève a été très suivie, notamment à Béjaïa et Tizi Ouzou, sont en tête des résultats de cette année. »

Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef)
« Au niveau de notre syndicat, nous accordons peu d’importance, voire peu de crédibilité aux chiffres, car ils ne reflètent pas le véritable niveau de l’Ecole algérienne, qui n’est même pas classée sur le plan international et qui plus, est, est faible. Ce taux est exagéré parce qu’il n’est pas fidèle au vrai travail des candidats. Certains enseignants qui ont corrigé des copies m’ont confié que les notes étaient catastrophiques. Nous avons été surpris par ce taux de réussite alors qu’on s’attendait à un taux variant entre 45 et 47 % notamment par rapport à l’impact de la grève du Cnapest qui a duré plus de deux mois dans certaines wilayas. Je considère que le résultat annoncé pour cette année est purement politique, l’objectif étant de garantir une paix sociale à l’approche de l’élection présidentielle de 2019. Pour preuve de ce que je vous dis, il y a lieu de signaler que 75 % des étudiants de la première année universitaire ont triplé l’année. »

Ahmed Tessa, pédagogue

« Ce taux annoncé de près de 56 % ne veut rien dire, les examens de fin de cycle ne reflètent pas le vrai niveau de l’Ecole algérienne. Il faut rappeler que 30% des élèves qui passent au cycle moyen redoublent leur première année, alors qu’à l’université, jusqu’à 70 % des étudiants redoublent leur première année. C’est pour dire aussi que c’est le ‘par-cœurisme’ qui est dominant dans l’enseignement et donc les fonctions intellectuelles supérieures des élèves ne sont pas développées. Sans parler de la triche durant les examens ! »

Meziane Meriane, coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapest)

« Ce sont des résultats qui concordent aux sujets du baccalauréat ainsi qu’aux indications qu’on a eues des centres de correction. Ce taux converge avec les prévisions qu’on a établies à ce propos et qui étaient de 50%. Nous attendons toutefois la création d’une commission scientifique pour évaluer les résultats et déterminer les insuffisances du fait que nous considérons que ce taux est acceptable, mais pas très élevé et donc il faut déterminer les insuffisances ainsi que leurs causes afin d’y remédier ».

Recueillis par AZIZ LATRECHE