PAR MILINA KOUACI
C’est un constat plutôt inquiétant que font les chefs d’établissement du cycle primaire quant à l’application du protocole sanitaire. A deux semaines de la rentrée scolaire 2021/22, les chefs d’établissement concernés ne se sont pas concertés avec les autorités locales ni avec les responsables de la santé. Pourtant, cette rentrée, retardée de trois semaines, va enregistrer 10 millions d’élèves pour les trois paliers.
Les Assemblées locales qui sont censées préparer les établissements scolaires du primaire pour accueillir les élèves, le 21 septembre, dans les meilleures conditions, ne se sont toujours pas rapprochées des écoles pour préparer l’application du protocole sanitaire, pointent les directeurs des écoles du cycle primaire.
De nombreuses écoles primaires, qui disposent d’un excédent de moyens sanitaires préventifs et de produits hygiéniques de l’année passée, seront exploitées pour le lancement de la prochaine rentrée scolaire, avons-nous appris de Abdelkrim Gaïd, président du Syndicat national des directeurs des écoles primaires (Snadep). «Nous avons un surplus de produits d’entretien et de prévention sanitaire de l’année passée que nous allons utiliser pour assurer le bon déroulement de la rentrée scolaire», indique M. Gaïd. Il rappelle que la tutelle a consenti des efforts en matière de mise à disposition de moyens sanitaires préventifs et de produits hygiéniques en octroyant une aide financière exceptionnelle à tous les établissements. «Le restant des produits sanitaires et hygiéniques acquis dans ce cadre suffiront pour la gestion de la rentrée scolaire», explique le président du Snadep, qui fait savoir que les proviseurs des écoles primaires auront des difficultés pour l’après-rentrée scolaire. Ces derniers revendiquent l’application du protocole sanitaire pour préserver la santé individuelle et collective contre le risque de contamination. Il regrette que les écoles primaires soient confrontées à des difficultés de gestion qui ne sont pas soulevées dans les écoles des cycles moyen et secondaire, gérées uniquement par le ministère de l’Education nationale.
«La seule solution, pour une meilleure gestion des écoles primaires, est de les soustraire de la gestion financière des Collectivités locales qui, à maintes reprises, ont brillé par leur absence», ajoute M. Gaïd. Les directeurs ne cessent à ce propos d’exiger de libérer les écoles primaires de la gestion des collectivités locales. Le ministère de l’Education nationale avait signifié aux syndicats du secteur l’intention du ministère de l’Intérieur de créer une commission nationale pour la gestion des écoles primaires, mais sans suite. «En 2018, le ministère de l’Education a promis de mettre en place un office des œuvres scolaires, censé garantir des services pour les écoles des trois cycles. Or, cet office n’a toujours pas vu le jour».
Les Assemblées communales se chargent de la gestion financière des 19 000 écoles du primaire, tandis que le ministère de l’Education nationale se charge uniquement de l’aspect pédagogique, en vertu des lois en vigueur qui restreignent le champ d’intervention du ministère de l’Education notamment, l’article 122 du code communal, limitant la responsabilité entre les ministères de l’Education et celui de l’Intérieur.