Le Professeur Lyes Rahal, Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) et membre du Comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de l’épidémie Covid-19 en Algérie, a lancé, hier, un appel à la conscience et au sens de la responsabilité des Algériens pour renouer sérieusement avec le respect des gestes barrières, à l’instar du port de masque et de la distanciation physique, pour juguler la propagation de la Covid-19.

Par Sihem Bounabi
Face au constat d’un relâchement généralisé dans les mesures de préventions contre le coronavirus, le professeur Lyes Rahal affirme que «même si la situation épidémiologique n’est pas alarmante, actuellement, il est crucial de redoubler de vigilance d’autant plus que le nombre des personnes contaminées par la Covid continue d’augmenter», estimant que «le spectre d’une 3e vague plane toujours sur l’Algérie».
Intervenant ce mardi à Chaîne I de la Radio nationale, le directeur de l’INSP souligne que l’indice qui permet le mieux de juger l’évolution inquiétante de la situation épidémiologique est le nombre de malades Covid hospitalisés. En effet, citant le bilan du 19 avril, il déclare que «1 716 personnes contaminées par le coronavirus sont hospitalisées, dont 176 dans les unités de réanimation».
Le Pr Lyes Rahal estime ainsi que ce qui est inquiétant en consultant ce chiffre, c’est qu’«il y a dix jours, le nombre de malades hospitalisés tournait autour de 1 200, soit une
augmentation de 500 malades durant ce laps de temps. Si cela continue sur le même rythme, il devient plus que nécessaire de tirer la sonnette d’alarme».
Interpellés sur la possibilité que les Algériens est atteint l’immunité collective, comme que cela avait été rapporté par certains médias, le membre du Comité scientifique chargé du suivi et de l’évolution de l’épidémie Covid-19 en Algérie, déclare qu’«il n’y a aucune preuve scientifique confirmant que nous sommes parvenus à ce stade», ajoutant que «de telles déclarations contribuent et poussent les Algériens à abandonner progressivement les mesures préventives».
Accélération de la vaccination en mai
Par ailleurs, concernant la campagne de vaccination, le professeur a indiqué qu’entre fin avril et début mai, tous les citoyens inscrits sur la plateforme numérique seront vaccinés. Ajoutant que cela coïncide avec la réception par l’Algérie de nouveaux lots de vaccins à la fin de ce mois. Selon les derniers chiffres officiels communiqués par le ministère de la Santé, près de 40 000 personnes se sont inscrites sur la plateforme numérique et 60% des inscrits ont déjà été vaccinés. Le Pr Lyes Rahal a assuré dans ce sillage que la campagne de vaccination connaîtra une réelle accélération durant le mois de mai prochain, notamment avec l’arrivée des quotas dédiés à l’Algérie dans le cadre du système Covax.

Face aux polémiques qui ont enflammé les réseaux sociaux sur la dangerosité des effets secondaires des vaccins anti-Covid, notamment à cause de certains vaccinés décédés des suites de complications de thrombose, le Pr Lyes Rahal affirme que «tous les vaccins acquis par l’Algérie sont considérés comme sûrs pour les Algériens et efficaces à la fois, y compris le vaccin AstraZeneca». Il insiste ainsi sur l’efficacité des vaccins en ajoutant qu’ils ont été approuvés contre le Coronavirus et «sont également efficaces contre les souches mutées qui sont plus courantes que la souche classique». Il a toutefois reconnu qu’ «il y a une réticence de la part des citoyens à recevoir le vaccin AstraZeneca par rapport au vaccin Sputnik V, en raison de la controverse entourant ce vaccin». Il tient ainsi à rassurer les Algériens en affirmant que «toutes les personnes qui ont reçu à ce jour le vaccin AstraZeneca en Algérie n’ont pas eu d’effets secondaires graves préoccupants».