Le président du parti Jil Jadid, Soufiane Djilali, était l’invité hier des médias «Algérie Maintenant» et «Beur TV». Le responsable politique dans une très longue conférence, retransmise en direct via les médias sociaux, a ainsi partagé sa lecture de la situation actuelle du pays, notamment l’échéance des prochaines élections législatives, mais surtout les récentes manifestations dans plusieurs villes du pays.
Un mouvement qu’il estime en substance être sans avenir et même contreproductif sous cette forme. «Il faut du temps pour changer les choses, on ne peut pas exploiter la colère légitime de gens qui n’ont pas les clefs et les mécanismes de changement (…) les pousser à l’affrontement, et à marcher peut-être encore cinq ans (…), c’est laisser le champ libre à ce qui reste de la bande pour gérer le pays, et ce n’est pas la solution».
Le président Jil Jadid qui a également répondu aux récentes accusations d’enrichissement dans le cadre de son rôle au CNT. Il a par ailleurs réfuté tout «changement de discours». Expliquant, au contraire, que le champ du combat politique avait «changé», faisant notamment allusion à sa récente rencontre avec le Président de la République mais aussi à la préparation des élections législatives.
«C’est le contexte qui a changé, pas le discours de Jil Jadid, aucun parti n’a pris de positions aussi hostiles au régime (…) mais nous avons toujours dit que le changement viendrait par le dialogue et la création d’une commission indépendante chargée de la gestion des élections». En effet, estimant que le pays était aujourd’hui dans une situation difficile, Soufiane Djilali explique qu’il s’agit de mener une sorte de «bataille pour sortir d’une crise profonde (…) Le problème n’est pas seulement une crise de pouvoir c’est aussi une crise de société, d’Etat et de gestion».
Quant à la politique de changement conduite par le Président Tebboune, elle irait dans le bon sens, explique le chef de Jil Djadid : «Le Président de la République conduit des réformes structurelles, que les citoyens n’arrivent peut-être pas encore à comprendre.» Abordant en ce sens les dernières manifestations, et plus encore les slogans «hostiles» entendus, Soufiane Djilali explique dans une déclaration qui ressemble à un appel : «Nous devons avoir une vision globale de ce qui se passe dans le pays (…) Nous avons malheureusement pris pour habitude d’expliquer les choses sans prendre en compte les liens qui existent et cela conduit le pays vers des directions dangereuses sans même le savoir». Le problème serait ainsi de respecter la cohérence du Hirak. «Je vous rappelle que les manifestants espéraient que l’armée mette un terme à l’oligarchie. Si l’armée avait choisi le cinquième mandat, nous n’aurions rien pu faire. Alors qu’aujourd’hui, les manifestations sont dominées par la partie extrémiste. Dès le début du mouvement, certains slogans ont commencé à créer une direction idéologique. Et ces évolutions sont contraires, selon Soufiane Djilali, aux attentes des manifestants.»
Ainsi le responsable politique souligne à propos des slogans : «Où veut-on en venir quand on dit que les services de renseignement sont terroristes ? Est-ce comme cela que l’on arrivera au changement ?», s’interroge le chef politique. <