Appelés récemment à manifester leur intérêt quant à un projet de construction de quatre raffineries d’un coût de 6 milliards de dollars, 49 soumissionnaires ont répondu à l’appel d’offres lancé par Sonatrach.

C’est une aubaine pour les firmes mondiales spécialisées dans la pétrochimie et les services pétroliers. Une source de Sonatrach a confié à l’agence Reuters que l’Algérie envisage également un partenariat pétrochimique avec l’Arabie saoudite. Le partenariat devrait être construit entre Sonatrach et Sabic (Saudi Basic Industries Corporation), qui est l’une des dix premières mondiales de la chimie. La pétrochimie est l’un des points phares du plan de développement de Sonatrach sur les prochaines années. En effet, de l’avis même du ministre de l’Energie, Noureddine Bouterfa, l’Algérie se fixe l’objectif de transformer localement toute sa production de pétrole brut à l’horizon 2025 grâce aux projets de pétrochimie actuellement en réalisation ou à l’étude. Il s’agit donc d’une rupture pure et simple avec les politiques jusqu’ici en vigueur et qui privilégiaient l’importation des produits raffinés et des carburants plutôt que de les produire localement.
Sonatrach a déjà augmenté sa capacité de raffinage ces dernières années grâce à la rénovation des trois raffineries de Skikda, d’Arzew et d’Alger. D’une pierre deux coups : Sonatrach veut s’affranchir de l’importation des produits raffinés et augmenter, par là même, ses revenus après la chute du prix du pétrole. L’Algérie produit actuellement environ 30 millions de tonnes de produits raffinés par an. Les quatre raffineries à venir (Tiaret, Hassi Messaoud, Biskra et Arzew) devraient accroître la production de carburants de quelque 20 millions de tonnes par an. Un bond appréciable qui permettra à coup sûr à Sonatrach de diversifier sa production et de se libérer de la contrainte de l’importation qui grève son budget.
La plus importante raffinerie dont est composé le parc de Sonatrach, celle de Skikda en l’occurrence, produit annuellement 17 millions de tonnes de produits pétroliers raffinés, tandis que l’usine d’Arzew raffine 3,75 millions de pétrole brut et la raffinerie d’Alger atteindra 3,5 millions de produits en 2018 contre 2,7 millions par an actuellement. Au sud du pays, le groupe Sonatrach dispose de deux raffineries, dont une à Hassi Messaoud d’une capacité de 1,1 million de tonnes par an et une seconde à Adrar, qui raffine 600 000 tonnes de pétrole par an. Deux autres raffineries, l’une à Tiaret et l’autre à Hassi Messaoud, devraient commencer à affiner 5 millions de tonnes de pétrole brut chaque année. Ces deux raffineries sont toujours en phase d’appel d’offres pour des travaux de construction. Une source de la compagnie publique des hydrocarbures a expliqué à l’agence Reuters que le plan envisagé dans le domaine de la pétrochimie permettra « d’arrêter l’importation de produits raffinés d’ici à 2018 ». « Vendre des produits raffinés plutôt que de commercialiser le pétrole brut est un bon moyen de stimuler les revenus. » Ainsi, il est clair qu’avec l’augmentation des capacités de production, les volumes produits permettront d’augmenter largement les besoins du marché local, mais des surplus de production seront dégagés à l’export. Pour les quatre raffineries qui font l’objet du récent appel d’offres, le processus de sélection des entreprises de construction n’est pas encore bouclé. Une phase de présélection sera suivie d’un choix définitif et une ouverture des offres financières et techniques.