Par Nordine Azzouz
La Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC) a lancé, hier, un appel aux opérateurs français de la transition énergétique à s’intéresser au marché algérien du secteur. L’invitation porte la signature du vice-président de la CAPC et président du Conseil d’administration du Cluster Energie, Mehdi Bendimerad.
Ce chef d’entreprise et associatif, qui s’occupe entre autres depuis de longues années des relations extérieures de la Confédération, passé et présent, a accompagné son geste par le constat -une révélation en fait- que trois postulants français seulement ont retiré le cahier des charges relatif au projet «Solar 1000 MW» destiné à la génération de 1000 MW à partir du solaire.
Trois entreprises hexagonales pour un investissement estimé à un milliard de dollars et qui est inscrit dans une stratégie durable de changement de modèle énergétique, «ce n’est pas beaucoup», a estimé M. Bendimerad. «Ce n’est pas suffisant quand on sait que la plus grande centrale solaire d’Europe se trouve à Bordeaux», a-t-il justifié son jugement, en rappelant le savoir-faire français dans les éco-technologies -en France comme à l’international- et en indiquant surtout que parmi les entreprises qui ont retiré le cahier des charges du projet Solar 1000 MW, lancé par le ministère de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, le 23 décembre 2021, «douze d’entre elles sont chinoises, huit sont turques et sept sont algériennes».
Ces chiffres traduisent la faiblesse actuelle de l’intérêt français pour le secteur des énergies renouvelables en Algérie et la modestie des entreprises françaises spécialisées qui «doivent regarder plus loin de l’autre côté de la Méditerranée pour participer à l’essor de l’industrie du solaire» en Algérie, a encore brièvement argumenté le vice-président de la CAPC. En réaction à l’intervention inaugurale du Forum d’affaires algéro-français par le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, (avec celle du président de la Confédération, Mohamed Sami Agli) sur l’enjeu écologique qui prédomine de plus en plus dans la question économique et industrielle à l’échelle planétaire, Mehdi Bendimerad a déclaré que l’Algérie cherche elle aussi à «décarboner» son outil industriel. Notre pays entend trouver progressivement une alternative écologique et économique aux énergies fossiles, a-t-il ajouté. Il a appelé les entreprises françaises à «venir partager» dans notre pays «leur technicité» et à mobiliser «leurs IPP» (Independant Power Producers), «leurs EPC» et leur savoir-faire» dans le solaire mais, également, dans l’éolien et la géothermie que le secteur énergétique algérien entend développer et qui représentent des «gisements de marché» importants.
«Nous lançons la balle» dans le camp français et espérons que ses entreprises seront présentes «au prochain gigawatt», a souhaité Mehdi Bendimerad, dont le discours sur le domaine du renouvelable a résumé un peu les différentes interventions et commentaires entendus à l’hôtel El Aurassi où s’est déroulé le forum d’affaires : un discours d’appel aux opérateurs français de s’intéresser aux projets d’investissement «structurants» à la faveur notamment du projet de nouvelle loi sur l’investissement qui a bénéficié hier d’une tribune exceptionnelle. <