La grève de quatre jours lancée par des militants du Hirak a connu, hier, premier jour, un suivi massif dans le centre du pays et en Kabylie, mitigé à Alger, Sétif, Tlemcen et Jijel et timide dans le reste du pays.

Par Aghilas Sadi et Houssem A.M.
Dans la wilaya de Béjaïa, le taux de suivi de la grève a atteint les 100%. Toutes les administrations publiques, les commerces et les unités industrielles ont fermé leurs portes. Mêmes les cabinets médicaux et les transporteurs ont fait grève, indiquent des sources locales. Plusieurs marches ont été organisées durant la journée d’hier dans les différentes localités de la wilaya, Béjaïa ville, Kherrata, Sidi Aïch et Seddouk.
Une atmosphère de ville morte a été constatée à Tizi Ouzou, comme dans l’ensemble des grandes agglomérations urbaines de la wilaya, hier, premier jour de la grève générale, décrétée par des syndicats, l’UGCAA et des militants du Hirak en signe de protestation contre la tenue de la présidentielle du 12/12/2019. Tous les commerces ont baissé rideau dès les premières heures de la journée. Seules les boulangeries ont dû ouvrir pour quelques heures pour permettre aux citoyens de s’approvisionner. Des consignes ont été données pour l’ouverture des pharmacies et des hôpitaux. Les fonctionnaires de l’administration publique et les enseignants universitaires et ceux des trois paliers de l’Education nationale ont répondu favorablement au mot d’ordre de grève qui se prolongera jusqu’à jeudi, jour du vote. Parallèlement, des actions de protestations, marches et rassemblements, devaient être organisées pour maintenir la mobilisation de la rue. Hier, dans la matinée, un immense rassemblement de citoyens a été organisé devant le siège de la daïra de Tizi Ouzou. Les protestataires ont muré la porte d’entrée de cet administration qui abritera l’essentiel des opérations électorales. Depuis le début de la campagne électorale, dont les animations n’ont pas eu lieu sur le territoire de la wilaya, plus d’une dizaine de sièges de daïra ont été fermées par les citoyens. Des actions destinées au blocage du rendez-vous électoral de jeudi prochain.
A Bouira, le débrayage a paralysé une bonne partie de la wilaya dont le chef-lieu. Une marche a été organisée au cours de la journée dans les rues de la ville par des activistes et les étudiants. A Sétif, la grève a connu à la fin de la journée un large suivi. Deux marches ont sillonné, hier, les rues de la ville pour soutenir le mouvement de grève. L’une organisée par des militants et l’autre par la communauté universitaire. La même ambiance est signalée dans la ville de Tlemcen. A Oran, la grève a touché les établissements universitaires. Les autres activités ont fonctionné normalement durant la journée. A la fin de l’après-midi, des activistes ont initié une marche pour demander aux Oranais de faire grève aujourd’hui.
Dans la ville de Annaba, ce sont les étudiants qui ont pris les choses en main. Après une assemblée générale, la communauté universitaire a décidé d’adhérer à la grève et de sensibiliser les autres secteurs d’activités de rejoindre le débrayage. La capitale de l’Est du pays, Constantine, a connu une matinée ordinaire. Dans la ville de Bordj Bou-Arréridj, des dizaines de militants ont marché dans les rues de la ville pour appeler au suivi de la grève. Un appel qui a eu un écho timide, puisque la plupart des magasins ont ouvert leurs portes. Pareil, pour la Zone industrielle qui n’a pas connu de débrayage.
A Alger, le suivi est également mitigé. Aïn Benian, Alger Centre, Belfort et El Hamiz sont les quartiers les plus touchés par la grève qui s’est élargie à la direction de la Sonelgaz à Gué de Constantine. A Boumerdès, la grève a touché beaucoup plus les communes situées à l’Est de la wilaya, à l’image de Bordj Menïel, Baghlia, Beni Amrane, Timerzrit, Dellys, Isser, Chaâbat El Amar et autres.
Pour motiver les citoyens à adhérer à la grève, une marche devait avoir lieu hier soir dans la ville de Aïn Beïda dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, a-t-on appris d’une source locale.