La Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) a présenté, hier à l’hôtel El Aurassi, son bilan d’activité de l’année 2017 ainsi que le plan d’action pour les prochains mois de 2018.

L’occasion pour les représentants des Chambres de commerce régionales (CCI) d’évaluer les actions passées de leurs institutions et débattre des prochaines échéances.
Prenant en compte l’un des souhaits des présidents de CCI régionales, le plan d’action 2018 compte intégrer «les spécificités de chaque région». Le programme comporte également comme mission «le renforcement de la représentativité à l’échelle internationale», la promotion du produit national et de la destination Algérie.
«Partout dans le monde, les chambres de commerce sont un auxiliaire et un accompagnateur à l’acte d’exportation», indique Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), interrogé sur le rôle que  peuvent jouer les CCI au sein de la politique nationale orientée vers l’export. M. Nasri fait savoir, par ailleurs, que la CACI propose, par exemple, une formation diplômante à l’export des cadres d’entreprises ou d’institutions. «L’avantage, aussi, des chambres de commerce est qu’elles sont décentralisées. Elles permettent donc de faire remonter les problématiques locales et d’évaluer le potentiel d’exportation au niveau régional de chaque filière», estime le représentant des exportateurs algériens. Il indique que par leur connaissance du terrain, les CCI ont «un rôle très important» dans la cartographie économique des régions.
Concernant leurs activités, les responsables de CCI à travers le territoire national se réjouissent que le président de la CACI, Mohamed Laïd Benamor, ait permis une plus grande décentralisation des pouvoirs. «Les choses ont évolué positivement. Des pouvoirs centraux ont été délégués vers les wilayas. C’est un pas positif vers la décentralisation», fait remarquer Abdelkrim Otmani, président de la CCI de la wilaya de Saïda. Notre interlocuteur insiste sur le fait que chaque wilaya possède ses spécificités et son organisation dans le monde des affaires. Il aurait souhaité, pour l’exercice 2018, que les délégations économiques étrangères puissent se rendre hors de la capitale pour s’enquérir des opportunités d’investissement. «Saïda est une wilaya assez enclavée. J’ai donc soulevé la problématique des missions économiques étrangères qui sont accueillies à Alger, pour qu’elles puissent également se rendre en province, dans les wilayas qui peuvent collaborer avec ces missions économiques selon leur secteur d’activité», confie M. Otmani, ajoutant que cela permettait d’insuffler une dynamique de développement économique pour les wilayas les plus enclavées.
En matière de formation et de communication sur le thème de l’export, les responsables régionaux observent une autre évolution positive, outre la décentralisation des prérogatives. «Nous avons constaté, lors des quatre dernières années, que le ministère des Affaires étrangères a collaboré avec nous de manière plus dense», indique à Reporters Abdelmadjid Khobzi, président de la CCI de Biskra.
Il rappelle que les opérateurs nationaux ont pu visiter plus de 57 pays, afin de se confronter aux représentants des chambres de commerce à l’international. «Les chambres de commerce des wilayas du Sud n’avaient pas auparavant l’occasion de croiser avec leurs homologues à l’étranger et discuter avec eux. Ce travail nous a permis de revenir avec de nouvelles idées», relate M. Khobzi. Il donne comme exemple la technique d’extraction de sucre à partir de dattes non commercialisables. Un projet qui est né au lendemain d’une visite en Iran.
Par ailleurs, parmi les requêtes des participants figure l’adaptation des statuts des CCI  «qui sont les mêmes depuis 1986». «Il est nécessaire d’actualiser les statuts, car en 2018, le contexte n’est plus le même», estime le responsable de la CCI de Biskra. Il concède que les prérogatives du président et du directeur général des CCI «ne sont pas claires, ce qui induit des conflits». Le fonctionnement interne des CCI «doit aussi être modernisé pour les hisser au niveau de ce qui se fait de mieux à l’étranger», estime Abderrahmane Hadef, président de la CCI de Médéa, qui énumère en outre les efforts à faire en matière de diplomatie économique, «un défi important qu’il faudra relever dès cette année 2018 ». Autre défi, selon M. Hadef, améliorer le travail collaboratif des chambres de commerce, mais aussi la représentativité régionale des CCI. «Les rencontres régionales organisées notamment à Relizane et Ouargla ont connu un succès du fait que chaque région a pu révéler ses spécificités économiques», affirme Abderrahmane Hadef, qui assure de la volonté de la CACI de rééditer ce type d’initiatives.