Le marché national des équipements ménagers et électriques reste inondé par des appareils non performants et n’obéissant à aucune norme d’efficacité énergétique. Face à ce constat, qui ne saurait laisser indifférent, de nouvelles règles d’encouragement pour l’importation des équipements peu consommateurs d’énergie vont être mises en place. Le ministre du Commerce Kamel Rezig et celui de la Transition énergétique et des Energies renouvelables, Chems-Eddine l’ont annoncé lors d’une conférence de presse co-animée jeudi dernier et au cours de laquelle ils ont fait savoir que leurs secteurs œuvraient à la conception de ces règles aussi bien pour l’importation que pour l’exportation.
M. Chitour a, dans son intervention, fait état d’une «étude globale, en cours de préparation, sur l’importation d’équipements économes en énergie, à l’instar des appareils électroménagers et des véhicules, pour permettre au pays de réduire, lors des prochaines années, quelque 2 milliards dollars en termes d’énergie importée». Ce dernier soulignant que dans les années à venir, il sera procédé à «la recherche d’une éventuelle technique pour arrêter l’importation des équipements énergivores, tout en suivant une méthode pour adapter ce type de consommation aux potentiels du pays en matière d’énergie à l’horizon 2030». Et d’annoncer enfin «la tenue de réunions, prochainement, avec les secteurs concernés pour examiner ce projet».
Pour sa part, Rezig a tenu à rappeler que le contrôle des produits, aussi bien locaux qu’importés, était une mission fondamentale pour le secteur du Commerce à mener en collaboration avec les secteurs concernés, précisant que son département était à la recherche d’un levier pour actualiser et revisiter les lois liées aux produits importés, aux normes de production et à l’activité des laboratoires. Le but étant d’importer des produits conformes aux normes de qualité, a-t-il poursuivi. Il a par ailleurs informé à cette même occasion que 45 laboratoires seront mobilisés pour le contrôle des produits, en attendant la finalisation de la cartographie nationale des laboratoires, incluant l’ensemble des laboratoires relevant des autres secteurs, en sus de ceux agréés par le ministère du Commerce. Toujours dans ce même registre, le responsable du secteur du commerce a fait état de plus de 30 laboratoires opérationnels au niveau national, outre 13 autres réceptionnés en attendant l’octroi des accréditations et le recrutement du personnel encadrant. «Nous nous attelons actuellement à la réorganisation de ce domaine pour permettre aux laboratoire de s’acquitter efficacement de leurs rôles», a-t-il révélé, non sans préciser dans la foulée que «dès que le projet de cette réorganisation sera fin prêt, il sera présenté au Gouvernement et aux médias. Kamel Rezig a en outre mis en avant l’adoption par le Premier ministre de 10 laboratoires mobiles, conformément aux instructions du Président de la République. Ces laboratoires seront déployés, selon le premier responsable du secteur du commerce, au niveau des enceintes portuaires et aux postes frontières terrestres à partir de l’année prochaine.
Concernant les normes de sécurité relatives aux chauffages et leur danger sur le consommateur, le ministre a indiqué que ce dossier a été pris en charge en coordination avec le Premier ministère. Poursuivant sur ce dernier point, «il est interdit aux commerçants de vendre les chauffages ou les chauffe-bains sans les appareils de mesure CO²». Le ministre annonce dans ce cadre la prochaine tenue de plusieurs réunions de travail avec les importateurs et les opérateurs du domaine. «Il est obligatoire d’acheter un appareil de mesure CO² avec le chauffage», a-t-il enfin déclaré.
Il importe de savoir que l’Agence de promotion et de rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue) n’a eu de cesse d’interpeller les pouvoirs publics sur le fait que le secteur résidentiel (ménages) est le plus énergivore du pays avec 36 %. «D’où l’impératif de revoir à la baisse cette tendance», a maintes fois martelé l’Aprue. Espérons que les dernières directives citées ci-dessus vont réduire tout au moins la consommation effrénée de l’énergie électrique produite pour l’essentiel à partir du gaz naturel. <