La dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) est désormais actée. A partir d’aujourd’hui, 1er mars, la chambre basse du Parlement n’existe plus. Le décret portant dissolution effective de l’Assemblée nationale populaire a été publiée au Journal officiel de la République. Sa désintégration par le chef de l’Etat, un an avant l’expiration de son mandat ordinaire, ouvre la voie à des élections législatives anticipées.

En effet, la dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) est désormais actée. A partir d’aujourd’hui, 1er mars, la chambre basse du Parlement n’existe plus. Sa vacance, qui laisse le Conseil de la Nation (Sénat) comme seul acteur de l’action parlementaire dans le pays, ouvre désormais la voie aux élections législatives anticipées qui devront se tenir en juin prochain ou durant les mois de l’été 2021 en cas de retard par rapport au calendrier électoral prévu.
Selon l’article 151 de la Constitution, il est stipulé qu’en cas d’élections anticipées, les élections législatives ont lieu dans un délai maximal de trois mois. Dans le cas où ces élections ne peuvent être organisées dans les délais prévus en raison d’une impossibilité quelconque, ce délai peut être prorogé d’une durée maximale de trois mois après avis de la Cour constitutionnelle.
Le décret portant dissolution de l’APN, signé le 21 février par le chef de l’Etat, a été publié hier au Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire. On y lit que « le Président de la République, Vu la Constitution, notamment ses articles 91-7 et 151, Après consultation du Président du Conseil de la Nation, du Président de l’Assemblée Populaire Nationale, du Président du Conseil constitutionnel et du Premier ministre : Décrète : Article 1er. L’Assemblée Populaire Nationale est dissoute à compter du 17 Rajab 1442 correspondant au 1er mars 2021 ».
Pour rappel, le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé, jeudi 18 février, dans un discours à la nation, la dissolution del’APN et l’organisation d’élections législatives anticipées. « J’ai décidé de dissoudre l’APN dans sa composante actuelle. Nous allons passer, de suite, à des élections où l’argent, sale ou pas, n’aura point de place, des élections qui ouvriront leurs portes aux jeunes », pour que cette catégorie « ait son poids politique » à même de lui permettre d’accéder aux institutions élues, avait-il déclaré. « L’Etat œuvrera à aider ces jeunes, notamment pour mener leurs campagnes électorales dont nous prendrons en charge une grande partie », a-t-il ajouté. Lors de son intervention, qui a eu lieu peu de temps après son retour de son deuxième séjour médical en Allemagne et six jours après ses premières consultations avec les partis, le 13 février, le président Tebboune avait également affirmé que « le Parlement sera élu et le contrôle sera assuré par l’Instance indépendante dans les prérogatives de laquelle ne s’immisceront ni les présidents des APC ni les walis (…), ni même le président de la République et nous ferons en sorte que nos institutions ne suscitent aucune suspicion ».
Sur le terrain, des formations ont déjà déclaré être prêtes à se mesurer à ces législatives anticipées à l’exemple des formations de l’ancienne majorité parlementaire comme le RND, le FLN, les partis qui disent privilégier la stabilité des institutions comme Jil Jadid de Djilali Soufiane, les formations islamistes à l’image du MSP et d’El Bina ainsi qu’à celle des petites formations dont certaines, après une longue éclipse, tentent d’émerger en organisant des regroupements régionaux.
Le contexte politiqué général, lui, est à la reprise des manifestations populaires du Hirak. Depuis la date anniversaire du 22 février, qui a marqué les deux ans de son émergence, le mouvement populaire pour le changement a repris ses marches, une initiative confirmée vendredi 26 février, journée durant laquelle on a observé une mobilisation importante, notamment à Alger.