L’avant-projet de loi sur la santé ne sera pas programmé cette semaine pour débats à l’Assemblée populaire nationale (APN). Et pour cause, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, a annoncé hier son report.

Intervenant en marge d’une visite de travail à Tipasa, le ministre a révélé que ce projet de loi « ne peut être soumis au Parlement avec ses deux Chambres dans le contexte actuel », sans pour autant préciser de quel contexte il s’agit. Le ministre rassurera toutefois que ce texte de loi « n’a été ni retiré ni annulé au vu de son importance ».
« Ce projet de loi a suivi le processus constitutionnel relatif à tout texte de loi, après son examen par le Conseil des ministres », a noté Boudiaf, selon lequel « la mouture de ce texte de loi est très importante, car elle est au diapason des mutations en cours dans le domaine ». A ses yeux, ce report « ne portera pas préjudice à ce projet de loi, en phase avec les développements enregistrés dans le secteur de la santé ». Le membre du gouvernement n’a pas non plus manqué de se montrer rassurant quant au contenu de ce texte de loi, balayant d’un revers de la main les critiques concernant la privatisation de la santé.
« La nouvelle loi sur la santé ne remet pas en cause la gratuité de la médecine, considérée comme étant à la base même de la politique sociale en Algérie », a soutenu le ministre avant de faire observer que « tout changement nécessite du courage pour y faire face ». Toutefois, le membre du gouvernement, même s’il s’est montré rassurant sur la non-annulation de la loi sur la santé, il n’a cependant avancé aucune date, même approximative pour sa programmation, la remettant ainsi aux calendes grecques. Ce n’est, par ailleurs, pas la première fois que l’examen du projet de loi sur la santé a été reporté. En effet, ce texte de loi a fait l’objet de plusieurs reports sans explication. Y compris à travers son examen et sa modification à plusieurs reprises durant une multitude de Conseils du gouvernement en 2015. Mais une fois passée en Conseil des ministres, le 4 octobre 2016, sa programmation rapide pour débat au parlement était présagée. Toutefois, plus de trois mois après sa validation en Conseil des ministres par le chef de l’Etat, il peine à figurer à l’ordre du jour des plénières de l’APN. Initialement programmé pour débat en commission de santé de l’Assemblée nationale après celui des retraites, l’avant-projet de la santé est resté dans les tiroirs de ladite commission. Son président, le député de Batna Ali Malakhssou avait à plusieurs reprises annoncé sa programmation et l’élaboration d’un planning énumérant la liste des acteurs devant être conviés par sa structure pour enrichir ce texte de loi, s’est à chaque fois dédit. Hier, l’ensemble des députés membres de la commission santé sont restés pantois à l’annonce du report de la loi sur la santé. Ils n’ont trouvé aucune explication à cela. Toutefois, un député de l’opposition a estimé que « la survenue de l’affaire RHB a compliqué la situation à tel point qu’il est inopportun pour le gouvernement de le programmer dans la situation actuelle ».