L’Assemblée populaire nationale (APN) ne sera pas dissoute de sitôt et les députés qui y siègent peuvent désormais pousser un soupir de soulagement, après que leur mandat ait été sérieusement mis en jeu suite, notamment aux récentes révélations de Baha Eddine Tliba sur le commerce maffieux des listes au sein du FLN, qui ont affaibli une représentation parlementaire déjà en déficit de crédit et de légitimité.
Elu dans une consultation à très faible participation électorale en mai 2017, le Parlement a vécu par la suite un épisode dévalorisant dans le sillage de la confection du sinistre projet de 5e mandat avec le limogeage de son président, Saïd Bouhadja, et le gel des travaux de cette institution, sans compter l’approbation de certaines lois contestées par l’ensemble des Algériens et des partis de l’opposition.
Cette mandature a enregistré, ensuite, une série de démissions à titre individuel ou au nom du parti, comme le cas du PT, renforçant alors le discrédit qui frappe une Assemblée qui continue à prendre eau de toutes parts, alors que le FLN et le RND tentent de résister en s’opposant au scénario de sa dissolution.
Les priorités du président de la République semblent, cependant, accorder un sursis à la composante de l’Assemblée, dans la mesure où des projets de loi vont atterrir dans le bureau de l’APN dans le sillage du projet de la révision de la Constitution enclenché avec son approbation avant-hier par le Conseil des ministres.
«Il est impératif de procéder, au préalable, à une révision constitutionnelle, car il est inconcevable de renouveler les instances élues avec des lois rejetées par le peuple», a affirmé, lors de cette réunion, le Président Tebboune.
Pour ce dernier, «l’application de cet amendement constitutionnel, s’il venait à être plébiscité par le peuple, nécessitera l’adaptation de nombre de lois à la nouvelle ère, à la faveur de la réforme globale de l’Etat et de la réhabilitation de ses institutions et de son autorité».
Le Président Tebboune a rappelé, par la même occasion, que «les promesses électorales sont des engagements sincères dont j’ai entamé la mise en œuvre suivant une stratégie claire et un calendrier bien défini, lesquels nécessitent de notre part davantage de réalisme, loin de toute quête des détails et de formalités au détriment des questions fondamentales inhérentes aux fondements pérennes de l’Etat».
En tenant compte des priorités définies par le premier magistrat du pays, tout porte à croire que l’APN ne sera pas «renouvelée» dans les tout prochains mois, mais l’extinction de la mandature en cours ne saurait dépasser le premier trimestre 2021. Surtout que le président compte, une fois réussi le projet de révision de la loi fondamentale, sur des élections régulières qui vont permettre, a-t-il dit, l’émergence d’une nouvelle génération d’élus.
Pour lui, «le projet de révision constitutionnelle assure toutes les garanties pour la régularité des élections, aussi bien par la constitutionnalisation de l’Autorité indépendante de surveillance des élections, que par une codification stricte du financement politique, à l’effet de préserver la liberté de la volonté populaire, l’égalité des chances pour le vote et la candidature, pour que la voix de l’électeur soit respectée et la scène politique renforcée par une nouvelle génération d’élus».
Autrement dit, si les priorités recommandent de compter pour l’heure sur les assemblées en place, leur dissolution, inscrite dans l’agenda, ne constitue pas moins une échéance à court terme. n