L’amendement de la loi de juillet 1963 sur les fêtes légales en Algérie était, hier, à l’ordre du jour de la plénière de l’APN. Cette révision devrait conduire au vote du projet de loi portant sur le caractère officiel du jour de l’an amazigh.

A ce propos, et lors de sa prise de parole, le président de l’Assemblée populaire nationale a affirmé, hier, que la décision du président de la République de consacrer le jour de l’an berbère (Yennayer) fête légale « renforce les fondements de l’identité nationale et la préserve de l’instrumentalisation politique ».
A l’ouverture de la séance plénière, Saïd Bouhadja a déclaré que le projet de loi portant officialisation du jour de l’an amazigh, fête légale, pour la première fois depuis l’Indépendance, vient « parachever de précédentes mesures constitutionnelles, dont l’officialisation de tamazight, deuxième langue nationale, en plus de la langue arabe, au titre des importantes réformes globales initiées par le président de la République, en vue de consolider la stabilité et l’unité nationales et renforcer la cohésion entre Algériens». Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali, qui a présenté le projet de loi, a, pour sa part, indiqué que ce texte intervient « en application des orientations du président de la République, données lors de la réunion du Conseil des ministres, le 27 décembre 2017 », affirmant que « la Constitution, révisée en mars 2016, a définitivement scellé l’approbation par le peuple algérien tout entier de tamazight, comme langue nationale et officielle ».
Le ministre a rappelé que le jour de l’an amazigh « Amenzu n yennayer », correspondant au 12 janvier de chaque année est une fête nationale et journée chômée et payée pour l’ensemble des personnels, y compris ceux payés à l’heure ou à la journée, à l’exception des personnels exerçant le travail posté qui sont tenus d’assurer la continuité du service.
La célébration de « Amenzu n yennayer » se veut un acquis et un prolongement des efforts visant à soutenir et à accompagner toute action visant à préserver les fondements nationaux », a ajouté le ministre à l’ouverture d’un débat dont l’issue sera l’adoption du texte de loi lundi prochain à l’unanimité.
Hier, en effet, il n’y avait pas un seul député interrogé qui n’a pas dit du bien du projet de loi et tous s’apprêtent à le voter. Toutes les interventions parlementaires ont été favorables à cet amendement jugé par tous les courants politiques comme étant un nouveau pas positif dans la défense et la promotion de l’identité amazighe dans notre pays.
Il reste que la question de la transcription de la langue n’a pas manqué de susciter des « questionnements » chez nombre de parlementaires qui ont espéré « un débat serein » sur la graphie à adopter pour la généralisation de tamazight Ainsi Hocine Dallal, député du parti TAJ de la wilaya d’Adrar, a déclaré que « l’Etat algérien a réalisé un pas important dans le sillage de la consolidation de l’identité algérienne avec ses trois piliers qui sont l’Islam, l’arabité et l’amazighité, mais qu’il y a lieu d’aller vers une réflexion profonde sur la question de la transcription et de l’écriture de la langue ». « Il n’est pas sûr, a déclaré ce député d’Adrar, que les Touaregs, par exemple, accepteraient une autre écriture que le tifinagh », appelant à une souplesse dans l’usage du caractère.
Kamel Bouchoucha, député du RND, a affirmé quant à lui : « Nous allons vers la généralisation de la langue amazighe (…) Le vrai défi est de soustraire le débat aux querelles politiciennes. Il est du devoir des politiciens de laisser la place aux experts dans ce domaine. »