PAR NAZIM B.
Trois projets de loi ont été adoptés, hier, par les membres de l’Assemblée populaire nationale (APN). Il s’agit du projet de loi complétant la loi relative à la pêche et à l’aquaculture, de la loi modifiant le Code de procédure civile et administrative et du projet de loi sur les procédures de saisine et de renvoi devant la Cour constitutionnelle.
A l’issue de l’adoption du projet de loi complétant la loi 01-11 relative à la pêche et à l’aquaculture, le ministre de la Pêche et des Productions halieutiques, Hicham Sofiane Salaouatchi, a indiqué que « le projet de loi vise à assurer l’accompagnement des ambitions des professionnels et des opérateurs économiques dans le domaine », cette loi « contribue à l’amélioration de la situation socio-économique des professionnels ».
Il a ajouté que ce nouveau texte est de nature à permettre « d’organiser la profession, de protéger les professionnels de la pêche et de l’aquaculture et d’accorder aux opérateurs une plus grande liberté d’investissement en vue de contribuer au renforcement de la sécurité alimentaire du pays conformément au Plan d’action du gouvernement ».
La loi 01-11 sur la pêche et l’aquaculture a été complétée par un seul article (article 11 bis) qui permet aux professionnels de la pêche et de l’aquaculture, dans le cadre de l’amélioration de leur situation socio-économique, de créer des coopératives de pêche et/ou d’aquaculture.
La coopérative de pêche et/ou d’aquaculture est constituée d’un groupe de personnes physiques ou morales, dont les membres ont la liberté d’y adhérer. A but non lucratif, cette coopérative est dotée de la personnalité morale et jouit de l’autonomie financière. Ses modalités de création et de gestion sont définies par voie réglementaire.
En ce qui concerne le projet de loi modifiant et complétant le code de procédure civile et administrative, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, a souligné que le texte propose plusieurs amendements relatifs à la détermination des modalités de règlement des conflits en matière de compétence entre les juridictions administratives et l’adoption des mêmes dispositions en vigueur dans la justice ordinaire, notamment en matière de représentation par un avocat en stipulant qu’elle est obligatoire devant les tribunaux administratifs d’appel et le Conseil d’Etat, outre son annulation auprès des tribunaux administratifs.
Le projet de loi propose de simplifier les procédures de correction des erreurs matérielles survenant dans les jugements rendus par les juridictions afin d’alléger la charge sur les citoyens.
Concernant la révision des dispositions relatives aux affaires commerciales, l’amendement fondamental consiste en la création de tribunaux de commerce spécialisés parallèlement aux sections de commerce existantes actuellement au niveau des tribunaux, et la répartition de la compétence entre eux conformément à un critère objectif, à savoir la nature de l’affaire. Il s’agit également de renforcer l’introduction des moyens électroniques dans toutes les étapes devant les juridictions administratives à travers notamment l’enrôlement des requêtes, la notification des décisions et la rédaction des mémoires par voie électronique, ce qui allégera les déplacements et augmentera l’efficacité de la justice.
S’agissant enfin du projet de loi sur les procédures de saisine et de renvoi devant la Cour constitutionnelle, le texte définit les parties pouvant saisir la Cour constitutionnelle. Il s’agit, selon l’article 193 de la Constitution, du président de la République, du président du Conseil de la nation, du président de l’APN, du Premier ministre ou du chef du gouvernement, selon le cas. La Cour constitutionnelle peut être également saisie par 40 députés ou 25 membres du Conseil de la nation, sachant que la Constitution a défini certains domaines où la saisine de la Cour constitutionnelle revient exclusivement au président de la République.
Il s’agit de la saisine concernant la conformité des lois organiques, des ordonnances et du règlement intérieur de chacune des deux chambres du Parlement.