La perspective d’une dissolution de l’Assemblée populaire nationale (APN) est appréciée différemment par les députés. C’est ainsi que pour le Front de libération national (FLN), il n’y a aucun inconvénient à la dissolution de l’Assemblée nationale. C’est du moins ce qu’a expliqué à cet égard Khaled Bouriah, le président du groupe parlementaire du parti à l’APN, estimant que «nous n’avons absolument aucune objection à la dissolution de l’APN si elle est dans l’intérêt suprême de la Nation». «Nous n’avons pas peur de cette dissolution, car nous sommes d’accord pour toute démarche et proposition qui peut faire avancer le pays et être dans son intérêt». Toutefois, d’autres députés du même groupe parlementaire ne sont pas du même avis. C’est ainsi qu’un député FLN du centre estime que «c’est le peuple qui donne au député son mandat et nous avons été mandatés pour cinq ans». «Comment se fait-il que la volonté de l’électeur ne soit pas respecté», s’interroge-t-il avant de noter qu’«avant de penser procéder à une quelconque dissolution, il faudrait prendre en ligne de compte la position des électeurs». Un autre député FLN récuse la dissolution estimant ne pas «comprendre pourquoi on accuse l’APN et les députés de tous les maux». «S’il y a eu fraude comme tout le monde le dit, il n’incombe pas aux députés de surveiller les urnes et de garantir la transparence et la crédibilité de l’élection», lance-t-il avant de noter que «le député devrait terminer son mandat de 5 ans pour lequel il a été élu». Les députés du Rassemblement nationale démocratique (RND) abondent dans le même sens. Selon eux, «nous ne sommes pas en phase de crise institutionnelle qui requiert une dissolution de l’APN». Un député du parti de Zitouni d’Alger estime que «la dissolution doit être motivée, car le mandat du député lui a été octroyé par la population». «Ce n’est pas normal de renvoyer un député chez lui en lui disant que ton mandat s’achève avant l’heure alors que nous ne sommes pas en crise institutionnelle», fait-il observer. Un autre député RND plaide en faveur de la convocation du corps électoral et la tenue de législatives anticipées, mais toutefois sans dissolution de l’APN. Côté El Moustaqbel, Hadj Belghaouti, le président du groupe parlementaire du parti, n’exprime aucune opposition à la dissolution de l’Assemblée nationale : «Nous sommes un groupe parlementaire de militants et nous considérons que si la dissolution de l’APN est une solution pour régler les problèmes du pays nous disons oui». «Nous sommes favorables à tout ce qui peut se faire dans l’intérêt du pays et de la Nation et nous sommes d’accord pour toute démarche qui peut garantir la stabilité», fait-il remarquer. De leur côté, des députés du Mouvement de la société pour la paix (MSP) disent attendre avec impatience la tenue d’élections anticipées : «Nous sommes pressés d’en finir avec cette APN pour aller vers une nouvelle Assemblée nationale autrement plus représentative et crédible, loin de toute fraude électorale». S’agissant de Lakhdar Benkhelaf du Front pour la justice et le développement (FJD), il lancera tout de go : «Nous sommes bien évidemment pour le départ de cette APN, mais avec la tenue d’élections anticipées». Il fera observer à cet égard qu’il ne faut pas qu’il y ait un vide institutionnel, il faut donc que le Parlement reste en place le temps de préparer les prochaines législatives».