A l’occasion de la journée d’étude sur la littérature amazighe, organisée récemment par le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) dans le cadre des activités culturelles du 23e Salon international d’Alger (SILA 2018), l’auteur et chercheur Mohamed Salah Ounissi a présenté un aperçu sur la littérature amazighe dans les Aurès, des années 1990 à nos jours.

Il a affirmé à ce sujet que beaucoup d’auteurs, qui ont choisi d’écrire dans la langue chaouie, n’ont bénéficié et ne bénéficient toujours pas de visibilité et, par conséquent, pas de lisibilité. Ceci, à l’exemple de l’enseignant Mohamed Merdaci, de Bachir Rahmani, Abdallah Khalfa et bien d’autres noms.
Il citera également, à ce sujet, le professeur d’histoire Mostefa Haddad, dont la recherche consacrée à Aïssa el Jarmouni a été publiée par la revue africaine.
Concernant l’avenir de cette littérature dans la variante chaouie, le conférencier estimera à ce sujet que «les femmes, notamment les étudiantes et les enseignantes universitaires, apportent un nouveau souffle à la littérature amazighe dans sa variante chaouie», affirmant qu’«elles sont l’avenir de cette littérature». En effet, au niveau du département de langue et culture amazighs de Batna, on reconnaît que les étudiantes font «un excellent travail aussi bien de recherche que de sauvegarde et jouent pleinement leur rôle», nous dit-on. La promotion et la sauvegarde de la variante chaouie, qui est également portée par l’unique maison d’édition Anzar, spécialisée dans ce genre littéraire.
La maison d’édition des Aurès fait ainsi un travail titanesque. Le propriétaire et gérant, El Hedi Meziani, salue et reconnaît l’aide apportée par le HCA pour la création et la continuité du travail de sa maison d’édition. Egalement présent, lors de cette journée d’étude, Brahim Tazghart, éditeur (éditions Tira) et auteur, en plus de son intervention intitulée «Les genres littéraires dans l’édition amazigh», a fait une proposition qui a séduit l’ensemble des présents et qui pourrait contribuer à mettre fin à de faux et stériles débats.
En effet, il a proposé d’avoir recours à la traduction intra-dialectale. Cette initiative permettrait de reprendre les différentes variantes et d’alimenter ainsi les bibliothèques des différents départements de langue et culture amazighs à travers les pays. A l’instar des départements de Tizi Ouzou, Béjaïa, Batna et de Bouira. Il a également suggéré que ces différents départements, en partenariat avec le HCA, pourraient prendre en charge cette initiative, avec la fourniture de matériels et d’espace de travail. Ceci afin de sortir complètement des spéculations sur la graphie et de la surenchère sur la langue à utiliser, car «une fois le travail entamé, tout le reste est menu fretin», conclut Brahim Tazghart.
J. R