A la veille de l’ouverture de la COP 25 à Madrid, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a eu des mots forts sur la nécessité pour les Etats de la planète de lutter contre le réchauffement climatique. «Nous devons mettre fin à notre guerre » contre la planète qui «rend coup pour coup », a plaidé le chef de l’ONU , dénonçant des engagements «totalement insuffisants ». Combatif, le secrétaire général des Nations unies a dressé un tableau bien sombre de l’avenir de l’Humanité, confrontée à une «crise climatique». «Le point de non-retour n’est plus loin à l’horizon, il est en vue et se rapproche de nous à toute vitesse», a-t-il déclaré. «Nous devons tout simplement arrêter de creuser et de forer», a insisté M. Guterres. «Nous devons mettre fin à notre guerre contre la nature ».
Malgré ce constat qui relaie l’alerte rouge lancée à plusieurs reprises ces derniers mois par les scientifiques, le secrétaire général de l’ONU a assuré ne pas perdre «espoir » de respecter les objectifs de l’accord de Paris de limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Mais l’espoir diminue, comme l’a souligné cette semaine le Programme de l’ONU pour l’environnement. Selon son rapport annuel, pour rester sous +1,5°C, il faudrait réduire les émissions de CO2 de 7,6% par an, chaque année dès l’an prochain et jusqu’à 2030. Alors qu’il n’y a aucun signe qu’elles commencent à baisser.
Avant la publication cette semaine d’un rapport de l’Organisation météorologique mondiale, le secrétaire général de l’ONU a confirmé que 2019 allait rejoindre les quatre années précédentes dans le top 5 des plus chaudes jamais enregistrées. Il a, d’autre part, annoncé qu’à partir de janvier l’actuel gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, allait remplacer Michael Bloomberg en tant qu’envoyé spécial de l’ONU pour le climat.n