Lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, a affirmé, hier, que «l’absence d’un dialogue franc et d’un consensus permettant une sortie de la crise m’ont mené à suspendre ma candidature à la présidentielle du 4 juillet prochain».
Seul candidat connu, aux côtés d’Abdelaziz Belaïd du Front Al Moustaqbal, Sahli justifie cette décision par «l’absence des conditions nécessaires pour la réussite de cette élection». Selon lui, la décision de suspension de sa participation au scrutin présidentiel prévu pour le 4 juillet prochain est due à «l’absence d’un consensus au sein de la classe politique» autour de ce rendez-vous. Le chef de l’ANR, qui a réuni, hier, la presse nationale au niveau de son siège, voulait expliquer que «cette décision est une suspension et non un boycott, car les élections seront reportées». Mais ce report, qui est de fait, «devrait se faire dans le cadre de la Constitution et non d’interprétations politiciennes», a-t-il ajouté. Poursuivant, il a affirmé, en revanche, que plusieurs considérations justifient la suspension de sa candidature : constitutionnelles, juridiques, politiques et la position du peuple par rapport à l’évènement. Pour lui le refus catégorique exprimé par la population «ne concerne pas l’élection en tant que telle», mais «le cadre général dans lequel l’élection sera préparée», des conditions qui «n’augurent guère de la possibilité qu’elle se déroule dans la transparence», a-t-il expliqué.
D’ailleurs, en l’absence des conditions préalables, l’élection du 4 juillet était compromise dès le départ. «C’était prévisible, on ne peut pas tenir une élection sans électeurs», a-t-il souligné. Le motif constitutionnel concerne, pour lui, «l’absence d’une instance de surveillance indépendante pour l’organisation des élections». Une instance composée de partis, de personnalités, de magistrats et de représentants du Hirak, cela exige, poursuit-il, «des concessions de la part des uns et des autres», ainsi que la révision de certains articles de la loi électorale, ceux relatifs à la présidentielle notamment.
«Restauration de la confiance»
Pour le chef de l’ANR, il est nécessaire d’assurer le préalable de la «restauration de la confiance» entre le peuple et le pouvoir à travers un certain nombre de mesures, notamment la mise en place d’un gouvernement de «compétences nationales, à sa tête une personnalité indépendante et consensuelle». Il a rappelé qu’il est pour la solution constitutionnelle à condition qu’elle soit accompagnée par des mesures politiques pour restaurer la confiance et prendre en charge les préoccupations de la rue. Sahli a rappelé que son parti a exigé « le remplacement de l’actuel gouvernement par un gouvernement d’union nationale, présidé par une personnalité consensuelle et indépendante, mais cela n’a pas été réalisé». Le chef de l’ANR trouve que «ce n’est pas logique que le mouvement dure plusieurs mois sans que ses revendications ne trouvent d’échos favorables». «Nous avons demandé à ce que le Hirak soit encadré pour qu’il se constitue en force de négociation avec le pouvoir et ne pas tomber dans l’exploitation partisane et de préserver ainsi son caractère pacifique», dira Sahli. Il a, par ailleurs, réitéré son soutien à l’ANP, à laquelle il demande «de poursuivre sa mission constitutionnelle pour accompagner la transition et rester à l’écart de l’exploitation politicienne».
«Nous restons toujours attachés à la solution constitutionnelle, et nous partageons avec l’armée sa position quant à l’organisation de la présidentielle dans les meilleurs délais et de bonnes conditions, contrairement à certains partis politiques qui poussaient vers une période de transition prolongée, contraire à la volonté populaire», a-t-il ajouté.