Le Conseil constitutionnel a invalidé, hier, les deux dossiers de candidatures à l’élection présidentielle prévue le 4 juillet prochain. Ce rejet fait que l’élection ne peut être tenue, faute de candidats.
Le Conseil constitutionnel a prolongé de fait la mission d’Abdelkader Bensalah, dont le mandat s’achèvera avec la tenue d’une nouvelle élection.
C’est à ce dernier que revient également la mission de convoquer à nouveau le corps électoral, une fois la date d’une nouvelle présidentielle fixée. Les partis de l’opposition, fédérés sous la coupe d’une alliance informelle dénommée «Forces du changement pour le triomphe du choix du peuple», ont appelé à une réunion d’urgence, prévue aujourd’hui, dédiée à l’examen des derniers développements de la situation politique ainsi qu’à la prise d’une position commune quant au verdict prononcé, hier, par le Conseil constitutionnel. C’est ce que nous avons appris auprès de certains partis siégeant dans les «Forces du changement pour le triomphe du choix du peuple».
D’après nos sources, la réunion se tiendra au siège de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS) que préside Noureddine Bahbouh. Au menu de cette réunion, qualifiée d’urgence, figure la décision du Conseil constitutionnel d’ajourner l’élection présidentielle du 4 juillet prochain. Il est attendu que cette réunion débouche sur une position commune au sujet de la décision de proroger le mandat d’Abdelkader Bensalah à la tête de l’Etat. Si l’annulation de l’élection était presque une évidence, compte tenu de l’absence des conditions techniques et politiques pour sa tenue, la prolongation du mandat d’Abdelkader Bensalah a, en revanche, surpris plus d’un, dont le Front des forces socialistes (FFS). Dans un communiqué diffusé, hier, signé par son premier secrétaire national Hakim Belahcel, le FFS «dénonce la tentation du pouvoir à gagner plus de temps en projetant de prolonger l’exercice d’un chef d’Etat illégitime et impopulaire». Cette énième parade désespérée ne fera que renforcer notre engagement et celui du peuple algérien à entretenir cette formidable révolution afin d’imposer la véritable issue à ce marasme politique qui passera inévitablement par l’amorce d’une transition démocratique. Le FFS estime que le chemin reste encore long pour concrétiser toutes les revendications légitimes du peuple algérien, lit-on dans le communiqué du FFS. Quant à l’annulation, par le Conseil constitutionnel, de l’élection prévue initialement le 4 juillet, le FFS estime que ce «recul significatif des décideurs est la consécration de plusieurs semaines de mobilisation et de détermination populaires». «C’est un autre acquis à mettre en valeur et à consolider», souligne le plus vieux parti d’opposition dans son communiqué. Djamel Zenati, militant politique, a estimé, pour sa part, qu’«en prolongeant l’intérim de Bensalah, le Conseil constitutionnel outrepasse ses missions de juge de droit. On est hors légalité». C’est dire que, devant cette situation inédite dans l’histoire du pays, nombre de partis et de leaders politiques étaient incapables de trouver un fondement juridique à la prolongation du mandat d’Abdelaziz Bensalah, alors qu’au sujet des élections, plus personne ne croyait à la possibilité d’organiser un scrutin aussi déterminant dans les conditions politiques actuelles. Il va sans dire qu’avec les derniers développements de la situation, les difficultés de sortir de l’impasse risquent de se complexifier davantage et l’incertitude demeure totale sur la solution politique qui devrait remplacer la solution constitutionnelle, qui semble tomber à l’eau avec l’annulation du scrutin du 4 juillet.<