Annoncés pour hier devant la Cour suprême, les deux anciens chefs de gouvernement Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, ainsi que les ex-ministres de l’Hydraulique, des Travaux publics et des Transports, Amara Benyounes, Amar Tou, Hocine Necib, Abdelghani Zaâlane, et des Finances, Karim Djoudi, ne sont finalement pas venus. L’information sur une convocation de ces hauts responsables avait circulé la veille, faisant vite le tour des médias dont les journalistes et photographes se sont rassemblés hier en grand nombre devant la Cour suprême dans l’attente de la moindre information ou du moindre cliché. Mais sur les lieux, aucun signe de Sellal, Ouyahia ni des cinq ex-ministres. Pour rappel, ces hauts responsables avaient été convoqués, jeudi dernier, par le Procureur de la République du Tribunal Abane-Ramdane dans des affaires de «dilapidation des deniers publics», «abus de pouvoir » ou encore « favoritisme et octroi de privilèges ». Ils ont été informés des griefs qui leur sont reprochés et du transfert de leurs dossiers à la Cour suprême, où une enquête devrait être ouverte durant la semaine en cours. En attendant, ils bénéficient du privilège de juridiction tel que prévu par l’article 573 du code de procédure pénale qui stipule que dans le cas où un membre du gouvernement est susceptible d’être inculpé d’un crime ou d’un délit commis dans l’exercice ou par l’exercice de ses fonctions, le Procureur de la République saisi de l’affaire transmet le dossier par voie hiérarchique au Procureur général près la Cour suprême, lequel désigne un membre de cette Cour aux fins de mener l’instruction. Pour rappel, il y a quelques jours, Ali Haddad, incarcéré actuellement à la prison d’El Harrach, avait cité plusieurs hauts fonctionnaires comme étant impliqués dans les dossiers de corruption et d’octroi d’indus avantages qui le concernent.<