Le FLN vient de faire un appel au président de la République Abdelaziz Bouteflika pour briguer un cinquième mandat, en attendant que lui-même en exprime le souhait.

Cette sortie publique, loin d‘être anodine notamment de la part du principal parti du pouvoir, pourrait bien annoncer le début des grandes manœuvres pour la présidentielle de 2019, le rendez-vous le plus important dans la vie politique nationale. Ould Abbès a tellement imposé un embargo interne sur cette question que le fait d’annoncer distinctement que « les cadres et les élus du FLN demandent au président de se présenter pour un cinquième mandat » assurant que c’est la volonté des 7000 000 de militants du parti, est un signe que l’option est passée à un stade bien avancé. Le président de la République répondra-t-il positivement à cette sollicitation directe et sans fioriture du principale parti du pouvoir ? Les jours futurs seront probablement riches en développements et en évènements qui pourraient ajouter à la clarification. À une année de la présidentielle, l’heure semble à l’évidence avoir sonné pour annoncer la couleur. En attendant, le président Bouteflika devrait inaugurer demain lundi la mosquée Ketchoua et la station de métro de la place des Martyrs. Cette sortie du chef de l’Etat, la première depuis le 30 octobre 2016, revêtira un aspect populaire évident. Les sorties publiques du chef de l’Etat ont été jusque-là peu nombreuses pour ne pas dire rarissimes. Celle de lundi pourra bien être chargée de messages subliminaux dont l’essence serait le grand rendez-vous d’avril 2019. Avec ce positionnement du FLN, les analyses et autres lectures vont aller bon train. Faute d’alternative viable et crédible, le président de la République pourrait bien avoir opté pour la continuité. Un choix qui pourrait avoir eu le consensus des centres de décision à l’intérieur du pouvoir. La stabilité du pays pourrait bien être présentée comme argument suprême afin de conforter cette option de continuité qui semble prendre forme.