En compagnie de Netenyahu, et l’absence remarquée du représentant de la Palestine, le président américain Donald Trump a annoncé, hier, son «plan de paix» unilatéral où il a parlé d’un plan de 80 pages qui devrait régir celui déjà rejeté par les Palestiniens avant même son énoncé.

Trump a présenté une «solution» qualifiée de «réaliste à deux Etats» pour résoudre le conflit ; un plan qui conditionnerait toutefois la naissance d’un Etat palestinien au «rejet clair du terrorisme» et ferait d’Al Qods «capitale indivisible d’Israël». Il est notamment question d’une reconnaissance de la vallée du Jourdain ainsi que des colonies israéliennes bâties en Cisjordanie. En échange de cela, les Etats-Unis réaliseraient leur plan d’investissement de 50 milliards dans les territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Trump a annoncé avoir envoyé «une lettre» au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et parlera de «dernière chance pour les Palestiniens», ce qui s’apparente à une menace manifeste. Le «futur Etat palestinien» ne verrait le jour que sous plusieurs «conditions», dont «le rejet clair du terrorisme» dira-t-il. «Ma vision présente une occasion gagnant-gagnant pour les deux parties, une solution réaliste à deux Etats qui va résoudre le risque que représente un Etat palestinien pour la sécurité d’Israël», a-t-il dit. Les Etats-Unis sont en outre prêts à «reconnaître la souveraineté israélienne sur des territoires» occupés, dont il n’a pas précisé l’ampleur. Qualifié de «deal du siècle», ce plan de Trump-Netanyahu aura du mal à être appliqué sur le terrain tant il paraît déséquilibré et partial. A l’image d’un point inacceptable pour les Palestiniens, sous ce nouveau plan proposé par Trump, les réfugiés palestiniens n’auront pas droit au retour.

Rejet unanime
Ce fameux «plan de paix» de Donald Trump a été rejeté avant même son annonce. Une réunion inter-palestinienne s’est tenue hier à Ramallah, au moment où des manifestations de colère se sont fait entendre dans tous les territoires palestiniens. Il a été réaffirmé le rejet des Palestiniens du plan de Trump et son contenu, dénonciation de façon unanime de l’obstination du président américain d’aller jusqu’au bout dans son plan, rejeté en entier dès le début par les Palestiniens. De nombreux dirigeants et mouvements politiques en Palestine ont rejeté ce plan, qualifié de supercherie. Mahmoud Abbas avait confirmé récemment, dans une communication téléphonique avec le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab, le rejet de tout rôle américain dans le processus de paix. Pour lui, «l’administration américaine est totalement partiale envers Israël». Abbas a réaffirmé que les Palestiniens s’en tiennent pour leur part à la solution à deux Etats, basée sur les frontières de 1967. «Sans cela, nous n’accepterons jamais aucun plan ni accord de quiconque dans le monde. Nous sommes prêts à faire la paix conformément aux résolutions ayant une légitimité internationale», a-t-il souligné. Le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayye, a appelé la communauté internationale à rejeter le nouveau «plan de paix» des Etats-Unis. De son côté, Ryadh Al-Maliki, ministre des Affaires étrangères palestinien a déclaré que la Ligue arabe est invitée à tenir une réunion d’urgence pour discuter du rejet du plan de paix américain. En outre, le secrétaire général du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Eirakat, a déclaré que l’OLP s’adressera au Conseil de sécurité de l’ONU, à l’Assemblée générale de l’ONU et à la Cour pénale internationale. Le leader du mouvement palestinien Hamas, Ismail Haniyeh, avait annoncé son rejet du plan américain. A Ghaza, un comité réunissant plusieurs factions palestiniennes a déclaré que l’accord de Trump est une «conspiration américaine contre le peuple palestinien et sa cause». Des milliers de Palestiniens sont sortis dans les rues de plusieurs villes palestiniennes pour crier leur indignation et appeler à l’avortement du plan de Trump. Les Palestiniens ont appelé aussi au boycott des produits américains.